De Koh Tao à Koh Lanta, le trajet se fait en plusieurs étapes, car il n’existe pas de liaison directe entre les deux îles. Habituellement, on commence par un ferry combiné depuis Koh Tao vers Surat Thani. Ce trajet dure environ quatre à cinq heures et coûte entre 600 et 1 000 bahts selon la…

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Koh Lanta

De Koh Tao à Koh Lanta, le trajet se fait en plusieurs étapes, car il n’existe pas de liaison directe entre les deux îles. Habituellement, on commence par un ferry combiné depuis Koh Tao vers Surat Thani. Ce trajet dure environ quatre à cinq heures et coûte entre 600 et 1 000 bahts selon la compagnie et le type de billet. Les billets peuvent être achetés directement dans les agences sur l’île, via les hôtels ou en ligne sur des plateformes comme 12Go Asia.

Une fois arrivé à Surat Thani, il faut ensuite prendre un minibus ou un bus en direction de Krabi. Cette portion du trajet dure environ trois à quatre heures et coûte généralement entre 300 et 500 bahts. À Krabi, on enchaîne avec une dernière étape en van jusqu’à Koh Lanta, incluant un court passage en ferry selon la saison. Cette dernière partie dure environ deux à trois heures et coûte aussi autour de 300 à 500 bahts.

Au total, le trajet entre Koh Tao et Koh Lanta prend généralement entre huit et douze heures, pour un coût approximatif variant entre 1 200 et 2 000 bahts. Même si c’est long, tout est très bien organisé en Thaïlande et les transferts s’enchaînent facilement avec des billets combinés.

Koh Lanta est une île située dans la province de Krabi, sur la côte ouest de la Thaïlande, dans la mer d’Andaman. Elle est composée principalement de Koh Lanta Yai, où se trouve la majorité des infrastructures touristiques, et de Koh Lanta Noi, plus rurale et beaucoup moins développée. L’île est plus étendue et plus calme que des destinations comme Koh Tao, avec une ambiance beaucoup plus détendue et moins concentrée.

Le relief de Koh Lanta est relativement doux, composé de routes côtières, de collines couvertes de végétation tropicale et de longues plages peu urbanisées. L’île est également marquée par une diversité culturelle importante. On y retrouve des communautés thaïlandaises bouddhistes, musulmanes, ainsi que les Chao Leh, souvent appelés gitans de la mer, qui vivent traditionnellement de la pêche et de la vie maritime.

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Historiquement, Koh Lanta a été un point de passage pour les commerçants et pêcheurs de différentes origines, notamment chinois et malais, ce qui explique le mélange culturel visible encore aujourd’hui, particulièrement dans la vieille ville.

Lors de ma première journée sur l’île, j’ai loué un scooter pour environ 250 à 300 bahts par jour afin de faire le tour de Koh Lanta. C’est vraiment la meilleure façon de découvrir l’île, puisque tout est assez dispersé et qu’il faut rouler entre les plages et les villages. Après plusieurs petits arrêts anodins, j’ai rencontré Garry, un Français installé en Thaïlande. Un gars généreux, ambitieux, très sportif — il a fait des sports de combat toute sa vie. D’ailleurs, il possède un gym de Muay Thai ici sur l’île.

On a jasé un bon moment. C’était vraiment intéressant de l’entendre parler de son parcours d’immigration en Thaïlande. Il m’expliquait à quel point ça avait été compliqué, surtout avec toutes les règles pour les étrangers qui veulent s’installer ou acheter une propriété. Il m’a aussi confié, un peu en riant, qu’il avait dû se marier avec une Thaïlandaise pour pouvoir rester ici. À la fin, je ne sais toujours pas si c’est un mariage arrangé ou s’il y a de vrais sentiments… mais bon, pas vraiment mes affaires. Il a fini par m’inviter à un combat qui a lieu ce soir.

Le Muay Thai est un art martial traditionnel thaïlandais profondément ancré dans la culture du pays. Il ne s’agit pas seulement d’un sport de combat, mais aussi d’une discipline qui intègre des rituels, de la musique traditionnelle et un fort respect entre les combattants.

Voir un combat de Muay Thai pour la première fois est une expérience qui dépasse largement le simple spectacle sportif. Dès les premières minutes, on comprend que ce qui se joue dans le ring est profondément ancré dans la culture thaïlandaise. Chaque combat est précédé de rituels précis, notamment le wai kru, une danse exécutée par les combattants pour rendre hommage à leurs entraîneurs, à leur famille et à leurs ancêtres. La musique traditionnelle qui accompagne le combat, jouée en direct, donne un rythme particulier à l’affrontement et renforce cette dimension presque cérémonielle.

Cependant, ce qui m’a le plus marqué, et honnêtement déstabilisé, c’est la présence de très jeunes enfants dans le ring. Certains n’avaient visiblement pas plus de huit ou neuf ans. Avec un regard extérieur, surtout occidental, il est difficile de ne pas ressentir un malaise face à cette réalité. On associe souvent l’enfance à la protection, à l’école, au jeu, et voir des enfants s’affronter dans un sport aussi physique peut heurter immédiatement.

Mais en prenant du recul et en cherchant à comprendre, on réalise que la situation est beaucoup plus complexe. En Thaïlande, le Muay Thai est souvent transmis dès le plus jeune âge, comme une tradition familiale. Beaucoup d’enfants grandissent dans des camps d’entraînement où ils apprennent discipline, respect et rigueur. Pour certaines familles, c’est aussi une opportunité économique importante. Les gains des combats, même modestes, peuvent contribuer au revenu familial, surtout dans des régions plus rurales ou défavorisées. Il ne s’agit pas seulement de combat, mais d’un véritable mode de vie. Les enfants s’entraînent quotidiennement, développent une forte résilience et acquièrent très tôt un sens des responsabilités. Dans certains cas, cela peut même ouvrir des portes vers une carrière professionnelle ou offrir des opportunités qu’ils n’auraient pas eues autrement. Cela n’enlève pas le fait que, pour un visiteur, la scène peut rester troublante. Il y a une tension constante entre admiration et inconfort. Admiration pour la discipline, la technique et la culture qui entourent le Muay Thai, mais aussi inconfort face aux réalités sociales qu’il révèle.

C’est précisément ce mélange d’émotions qui rend l’expérience si marquante. Elle force à sortir de ses repères, à remettre en question ses propres valeurs et à essayer de comprendre une autre réalité, sans nécessairement l’idéaliser ni la condamner complètement.

Ensuite, j’ai aussi passé plusieurs journées à profiter des plages de Koh Lanta. Parmi mes préférées, il y a Long Beach, qui est très longue et idéale pour marcher, Klong Nin Beach, plus tranquille avec de magnifiques couchers de soleil, Relax Bay, plus intime, et Kantiang Bay, plus sauvage et entourée de collines. Chaque plage a sa propre ambiance, mais toutes partagent une atmosphère calme et reposante.

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J’ai également visité le parc national de Mu Ko Lanta National Park, situé à l’extrémité sud de l’île, et c’est sans doute l’un des endroits qui m’a le plus marqué à Koh Lanta.

Pour s’y rendre, il faut compter environ 45 minutes à une heure de scooter depuis les zones les plus fréquentées comme Long Beach ou Klong Nin. La route en elle-même fait partie de l’expérience : elle devient de plus en plus étroite, sinueuse et vallonnée à mesure qu’on descend vers le sud, traversant des zones beaucoup plus sauvages et moins développées. Par endroits, la chaussée est abîmée, avec des montées assez abruptes, ce qui demande un peu de prudence, surtout en scooter.

À l’entrée du parc, on paie un droit d’accès d’environ 8$ CAD pour les étrangers, auquel s’ajoute un petit frais pour le véhicule. Dès les premiers mètres, on sent une différence marquée avec le reste de l’île : la végétation est plus dense, plus humide, presque étouffante par moments. On entre réellement dans une jungle tropicale.

Le parc est relativement compact, mais il offre plusieurs points d’intérêt. Le plus connu est sans doute le phare, perché sur un promontoire rocheux à la pointe de l’île. Pour y accéder, il faut marcher quelques minutes sur un sentier qui monte légèrement. Une fois en haut, la vue est impressionnante : d’un côté, une plage bordée par la jungle, de l’autre, une côte plus escarpée battue par les vagues. L’endroit donne une réelle sensation d’isolement, comme si on était au bout du territoire.

Il y a également un sentier de randonnée qui fait une boucle à travers la jungle. Il n’est pas très long, mais il peut être exigeant à cause de la chaleur et de l’humidité. Le chemin traverse une végétation dense, avec des racines, des rochers et parfois des passages un peu glissants. On y croise souvent des singes, parfois assez proches, ce qui est à la fois fascinant et un peu intimidant. Il faut d’ailleurs faire attention à ses affaires, car ils sont connus pour être curieux et opportunistes.

Les plages du parc sont un autre point fort. Contrairement à celles du reste de Koh Lanta, elles sont beaucoup plus sauvages, sans aucune infrastructure. Pas de bars, pas de chaises longues, juste du sable, la mer et la jungle en arrière-plan. Elles sont idéales pour s’arrêter, se reposer et profiter du calme, même si la baignade dépend des conditions de mer.

Ce qui rend cet endroit particulièrement marquant, c’est le contraste avec le reste de l’île. Alors que Koh Lanta est déjà relativement paisible, le parc national pousse encore plus loin cette impression de solitude. Il y a peu de visiteurs, surtout si on y va tôt le matin ou en fin de journée, et on a vraiment le sentiment d’être immergé dans une nature intacte.

C’est un lieu qui demande un peu d’effort pour y accéder, mais qui offre en retour une expérience beaucoup plus brute et authentique, loin des zones touristiques.

Un autre moment marquant a été la découverte de Lanta Old Town, située sur la côte est de l’île, loin des grandes plages et de l’ambiance plus touristique de la côte ouest. Dès l’arrivée, le contraste est frappant. Ici, il n’y a pas de longues étendues de sable ni de bars de plage, mais plutôt une atmosphère calme, presque figée dans le temps.

Lanta Old Town est un ancien port commercial qui remonte à plusieurs générations. Avant le développement touristique de Koh Lanta, c’était le cœur économique de l’île. Des marchands chinois, des pêcheurs thaïlandais et des communautés musulmanes y vivaient et y faisaient du commerce, ce qui explique aujourd’hui encore le mélange culturel visible dans l’architecture, la cuisine et le mode de vie local.

Le village est principalement composé de longues maisons en bois sur pilotis, construites au-dessus de l’eau. En marchant sur la rue principale, qui longe la mer, on a l’impression d’être suspendu entre terre et mer. Certaines structures semblent anciennes, un peu usées par le temps, mais c’est justement ce qui fait leur charme. Les façades en bois, les volets colorés, les petites enseignes artisanales donnent une identité très différente du reste de l’île.

Ce qui m’a marqué, c’est le rythme extrêmement lent de l’endroit. Il n’y a pas de circulation intense, pas de bruit constant. Juste quelques scooters, des habitants qui discutent, des chats qui dorment à l’ombre et le bruit de l’eau en contrebas. On sent que la vie ici suit un autre tempo, beaucoup plus posé.

En me promenant, je suis tombé sur plusieurs petits cafés construits directement au-dessus de la mer, avec des terrasses en bois ouvertes sur l’horizon. Ce sont des endroits parfaits pour s’arrêter, prendre un café ou un jus, et simplement regarder la marée monter ou descendre. Le paysage change beaucoup selon le moment de la journée : à marée basse, on voit les fonds marins et les pilotis à découvert; à marée haute, l’eau vient presque frôler les planchers des bâtiments.

Les restaurants de fruits de mer sont aussi très présents, souvent tenus par des familles locales. Les menus sont simples, mais frais, avec du poisson, des crevettes et du crabe pêchés dans les environs. L’expérience est moins dans le luxe que dans l’authenticité, avec une vraie impression de manger dans un lieu chargé d’histoire. Il y a aussi quelques boutiques artisanales et galeries, souvent discrètes, où l’on trouve des objets faits à la main, des vêtements légers, ou encore des souvenirs différents de ceux des zones plus touristiques. Rien de très commercial, plutôt des petites initiatives locales.

Ce qui rend Lanta Old Town particulièrement intéressante, c’est qu’elle ne semble pas avoir été transformée uniquement pour les visiteurs. Elle reste habitée, vivante, avec une vraie communauté. On n’a pas l’impression d’être dans un décor, mais plutôt dans un lieu qui a évolué lentement, en gardant une partie de son identité d’origine.

C’est un endroit qui ne se visite pas pour “faire des activités”, mais plutôt pour ressentir une ambiance, observer, ralentir et comprendre une autre facette de Koh Lanta, plus discrète mais profondément authentique.

Enfin, j’ai aussi exploré Koh Lanta Noi en scooter, et c’est probablement l’endroit où j’ai ressenti le plus fort contraste avec le reste de mon voyage sur l’île. Pour s’y rendre, il suffit de traverser un pont depuis Koh Lanta Yai, mais ce simple passage marque presque une frontière invisible. Dès les premiers kilomètres, l’ambiance change radicalement.

Les routes deviennent plus calmes, parfois presque vides. Il n’y a plus cette succession de cafés, de resorts ou de plages aménagées. À la place, on traverse des paysages beaucoup plus bruts, avec des champs, des plantations, des maisons en bois souvent sur pilotis, et des petits villages dispersés. On croise surtout des locaux, des enfants qui jouent, des familles devant leur maison, et très peu d’autres voyageurs.

Ce qui m’a marqué, c’est cette sensation de rouler sans réel but, sans itinéraire précis. Koh Lanta Noi n’est pas une île où l’on vient pour cocher des attractions, mais plutôt pour observer et s’imprégner. Par moments, la route longe la mer, mais contrairement à Koh Lanta Yai, il n’y a pas vraiment de plages accessibles ou aménagées. Le littoral est plus sauvage, parfois bordé de mangroves, parfois difficile d’accès.

On traverse aussi plusieurs zones agricoles, avec des plantations de caoutchouc et de palmiers. On peut voir les structures utilisées pour récolter le latex sur les arbres, ce qui rappelle que l’économie locale repose encore beaucoup sur des activités traditionnelles. Il y a un côté très authentique dans ces paysages, loin de l’image touristique habituelle de la Thaïlande.

Les villages sont simples, souvent organisés autour d’une route principale, avec quelques petites épiceries, des restaurants locaux et des mosquées, car une grande partie de la population de Koh Lanta est musulmane. L’appel à la prière peut parfois se faire entendre, ajoutant à cette impression d’être dans un endroit profondément ancré dans sa culture.

Il y a aussi quelque chose de très paisible dans cette partie de l’île. Moins de bruit, moins de mouvement, moins de stimulation. Juste la route, les paysages et le temps qui semble ralentir. À plusieurs moments, j’ai eu l’impression d’être complètement seul, ce qui est assez rare dans des destinations aussi populaires que Koh Lanta.

Explorer Koh Lanta Noi en scooter, c’est finalement accepter de ne rien chercher de précis, mais de se laisser surprendre par le quotidien local. C’est une expérience plus subtile, moins spectaculaire, mais qui donne accès à une réalité différente, plus simple et plus authentique de la Thaïlande.

Koh Lanta est une destination qui se vit lentement. Ce n’est pas une île d’intensité ou de fête, mais plutôt un endroit où l’on prend le temps de rouler, d’observer, de s’arrêter et de laisser les journées s’écouler naturellement entre mer, route et rencontres.

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