Le retour vers Phnom Penh depuis Battambang se fait assez facilement, mais c’est un trajet qui demande quand même un peu de patience. Compte environ 5 à 6 heures de bus ou de minivan, selon le trafic et les arrêts. Le prix tourne généralement entre 10 et 18 USD, et tu peux réserver directement dans…

By

Phnom Penh 2.0

Le retour vers Phnom Penh depuis Battambang se fait assez facilement, mais c’est un trajet qui demande quand même un peu de patience. Compte environ 5 à 6 heures de bus ou de minivan, selon le trafic et les arrêts. Le prix tourne généralement entre 10 et 18 USD, et tu peux réserver directement dans les auberges, dans les agences locales ou en ligne via des plateformes comme 12Go Asia.

Arriver à Phnom Penh, c’est un retour dans une énergie complètement différente. Plus bruyante, plus dense, plus rapide. Et pour mes derniers 24 heures dans la capitale, j’ai eu la chance de retrouver James, un ami rencontré lors de mon premier passage ici. C’était un peu comme recroiser un repère dans un voyage qui bouge constamment.

On a décidé de prendre le temps de manger ensemble. Et honnêtement, j’avais une envie très précise : du vrai fast food. Pas juste un snack rapide, mais un bon burger bien juicy, dans la vibe américaine. James m’a amenée chez Belly Burger, et je dois le dire clairement : si tu es au Cambodge et que tu as un craving de burger, cet endroit est une pépite. Le burger était vraiment incroyable, juteux, savoureux, exactement ce que j’avais en tête. Oui, c’était cher pour le pays, mais ça valait totalement la peine.

img_8518

Après ça, on s’est promenés dans les rues de Phnom Penh à pied, sans trop de destination. On regardait la ville vivre autour de nous, les petits détails du quotidien.

On est même passés devant des salons de coiffure installés directement sur le trottoir, en pleine rue, avec des chaises simples et des miroirs accrochés un peu partout. James me disait que pour lui, c’était complètement normal. Mais il riait aussi en me disant qu’à ses yeux, le Canada manquait un peu de cette spontanéité, de ce côté improvisé et vivant dans l’espace public. Et honnêtement… je comprends ce qu’il voulait dire.

James, c’est quelqu’un de profondément gentil. Ambitieux aussi, mais pas dans un sens agressif ou pressé. Il est plutôt dans une énergie d’évolution tranquille, quelqu’un qui avance avec attention, qui s’intéresse sincèrement aux autres, qui écoute beaucoup. Il a ce côté très humain, très ouvert, et en même temps très ancré dans sa réalité. Ce que j’ai particulièrement aimé chez lui, c’est sa façon de prendre le temps avec les gens. Il ne te “montre” pas juste son pays, il te le fait vivre à travers ses yeux. Il t’explique les choses simples, les habitudes, les coins de rue, les détails qu’on ne verrait pas seul. Et dans un voyage, ces personnes-là changent complètement ton expérience. Elles te donnent accès à une couche plus profonde du pays, plus intime. Je lui suis vraiment reconnaissante de m’avoir partagé un peu de sa culture, de sa ville, de son quotidien. Et aussi pour les rires, les discussions, les moments simples. C’est exactement ce genre de rencontres qui donnent du sens au voyage. Ces gens qui, sans vraiment s’en rendre compte, t’accompagnent sur une partie de ton chemin.

Mais cette dernière nuit à Phnom Penh… disons que la vie avait d’autres plans pour moi.

J’ai passé une nuit HORRIBLE. Il y avait un gars dans le dortoir qui ronflait d’une intensité absolument irréelle. Pas un petit ronflement discret. Non. Un niveau sonore qui aurait pu rivaliser avec un moteur. C’était constant, profond, impossible à ignorer. À un moment, même une fille du dortoir a essayé de le réveiller tellement c’était insupportable. Je crois que je n’ai jamais entendu quelqu’un ronfler autant de ma vie. Bref, une nuit très courte, très chaotique… mais aussi un dernier souvenir assez fidèle à la réalité des auberges : entre les belles rencontres, les bons moments, et les nuits complètement absurdes qu’on finit par raconter avec le sourire.

Le Cambodge, ça n’a pas été une simple étape sur une carte. C’est un pays qui m’a un peu décalée de moi-même, dans le bon sens du terme.

Au départ, j’y suis arrivée sans vraiment d’attentes. Et même plus que ça : presque sans images précises en tête. Le Cambodge faisait partie de ces pays que je connaissais mal, que je n’avais pas idéalisés, ni vraiment projetés. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, et quelque part, c’était peut-être la meilleure façon d’y entrer. Très vite, j’ai compris que voyager ici demandait un certain lâcher-prise. Le Cambodge ne se donne pas dans une logique simple ou parfaitement organisée. Ce n’est pas comme la Thailande où tout est pensé pour le tourisme. Les déplacements peuvent être longs, imprévisibles, parfois un peu chaotiques. Les routes secouent, les horaires sont flexibles, les transports changent au dernier moment. Même la logistique du quotidien — réserver un bus, trouver une correspondance, comprendre où aller — demande une forme d’adaptation constante. Rien n’est totalement linéaire, et il faut accepter de ne pas tout contrôler. Mais c’est justement dans cette désorganisation que le voyage prend une autre forme. Parce qu’au milieu de ces trajets parfois épuisants, de ces journées un peu floues où tu te demandes si tu es au bon endroit, il y a des moments qui émergent sans prévenir. Des rencontres, des conversations, des gestes simples qui viennent tout rééquilibrer.

C’est aussi un pays qui m’a rappelé que derrière chaque décor de voyage, il y a une réalité bien plus complexe. Rien n’est juste beau ou juste difficile. Tout coexiste. Et c’est exactement là que ça devient intéressant.

Je pars vers le Laos avec moins de certitudes, mais plus de curiosité. Et peut-être que c’est exactement ça que le Cambodge m’a laissé : l’idée que le voyage n’est pas là pour te donner des réponses, mais pour t’apprendre à mieux aimer les questions.

img_8526

Laisser un commentaire