Arriver à Nusa Penida, c’est déjà une aventure en soi, et pas le genre “je me laisse porter tranquillement avec un coconut à la main”. Non. C’est plutôt : “ok respire, ça va secouer, et on verra après”. Depuis Ubud, il faut d’abord descendre vers le sud de Bali jusqu’à Sanur Harbour, le principal port pour les fast boats. Le trajet prend environ 1h30 à 2h selon la circulation, les scooters imprévisibles et ton niveau de patience du jour. Une fois au port, tu embarques sur un bateau rapide direction Nusa Penida.
Et là, petite vérité importante : le mal de mer est une possibilité très réelle. Genre, pas une option théorique. Les bateaux sont rapides, les vagues parfois très présentes, et la traversée de 30 à 45 minutes peut ressembler à un manège aquatique non consenti. Donc oui : attachez vos tuques, vos sacs, et idéalement votre estomac aussi.
Pour booker le bateau, tu peux passer par ton hébergement à Ubud (souvent la solution la plus simple), une agence locale, ou des plateformes en ligne. Le prix varie généralement entre 300 000 et 500 000 IDR (donc entre 26$-45$ CAD) aller-retour, parfois avec transfert inclus jusqu’au port et même jusqu’à ton hôtel sur l’île. C’est simple, efficace, mais ça reste un petit saut dans l’inconnu quand tu montes sur le bateau et que tu réalises que “île paradisiaque” implique aussi “océan un peu intense”.
Historiquement et culturellement, Nusa Penida est une île à part dans l’univers balinais. Elle a longtemps été associée à des récits spirituels, parfois même comme lieu d’exil dans certaines traditions locales. Aujourd’hui, elle fait partie de la culture hindoue balinaise, avec ses temples, ses cérémonies et ses offrandes, mais elle a surtout été propulsée sur la carte du monde comme un condensé de paysages spectaculaires devenus viraux.
Et c’est exactement ça : une île de contrastes. Des falaises dramatiques, des plages presque irréelles, des routes parfois complètement défoncées, et une explosion de tourisme qui a transformé certains spots en véritables scènes de foule organisée. C’est beau, mais c’est aussi très, très vivant.
On commence fort avec la plongée avec les raies manta à Manta Bay. C’est probablement l’une des expériences les plus impressionnantes que tu peux vivre ici. Tu peux la réserver facilement via ton hôtel, une agence locale, ou directement auprès des centres de plongée ou snorkeling sur place. En général, le snorkeling coûte environ 500 000 à 800 000 IDR (43$ à 70$ CAD), tandis que la plongée bouteille peut monter entre 1 000 000 et 1 800 000 IDR (87$ à 155$ CAD), selon le matériel, les spots et le nombre de plongées incluses.
Tu pars en bateau avec un petit groupe, masque sur le visage, cœur un peu excité sans trop savoir ce qui t’attend. Et puis tu arrives dans l’eau. Et là… c’est silence total sous la surface. Les raies manta glissent sous toi avec une grâce presque irréelle. Elles sont énormes, lentes, majestueuses. Tu flottes au-dessus d’elles en essayant de comprendre comment quelque chose d’aussi grand peut être aussi léger dans l’eau. C’est un moment complètement suspendu, du genre qui te fait oublier ton téléphone, ton timing, et même ton prénom pendant quelques minutes.


Puis direction Diamond Beach. Et là, changement d’ambiance. Le point de vue en haut est déjà irréel : falaises blanches, eau turquoise presque trop parfaite, formations rocheuses spectaculaires, et ce fameux décor qui ressemble à une carte postale un peu trop bien retouchée. Mais ce qui marque encore plus, c’est la descente. Des marches taillées directement dans la falaise, raides, étroites, parfois un peu glissantes. Tu descends lentement, en te demandant à quel moment quelqu’un a décidé que “oui, c’est une bonne idée de faire une plage accessible comme ça”.
Et en bas, c’est magnifique. Mais c’est aussi là que la réflexion arrive doucement. Parce que tu vois aussi le monde autour : les groupes, les files, les infrastructures qui s’installent progressivement, les projets d’amélioration du site, et même cette impression que certains endroits deviennent presque trop organisés pour leur propre beauté. C’est splendide, mais tu sens que tu es dans un équilibre fragile entre nature brute et tourisme massif.
À Nusa Penida, les viewpoints sont littéralement le cœur de l’île. C’est là que tu comprends pourquoi tout le monde fait la traversée en bateau malgré les vagues, les routes cassées et le chaos organisé. Chaque point de vue te donne l’impression que la nature a décidé de se montrer en version “maximum effort”.
Le plus iconique, c’est Kelingking Beach. Depuis le sommet, tu arrives sur une falaise vertigineuse qui forme une sorte de T-Rex parfait plongeant dans l’océan. En bas, une plage de sable blanc minuscule s’étire entre des falaises immenses, avec une eau turquoise presque irréelle. Le contraste est tellement fort que tu restes souvent immobile quelques minutes à juste essayer de comprendre ce que tu vois. C’est beau, oui, mais c’est surtout spectaculaire au point d’en devenir un peu absurde. Et si tu décides de descendre jusqu’en bas, tu découvres vite que la perspective “Instagram vs réalité physique” est un vrai sujet de réflexion.

Un peu plus loin, il y a Broken Beach. Ici, la falaise s’est effondrée pour former un cercle naturel gigantesque, comme une piscine ouverte sur l’océan. L’eau entre et ressort par une arche rocheuse, créant un paysage presque irréel. Tu marches autour du cercle, et à chaque angle, la vue change légèrement, mais reste toujours impressionnante. C’est un endroit où tu as l’impression que la terre a été sculptée à la main, sans trop prévenir.
Juste à côté, Angel’s Billabong offre une sorte de piscine naturelle coincée entre les rochers. À marée basse, l’eau est cristalline, calme, presque parfaite. Tu peux voir le fond comme si la roche avait été polie par le temps. Mais à marée haute ou avec de grosses vagues, l’endroit devient beaucoup plus sauvage, presque dangereux. C’est ce contraste qui le rend fascinant : une beauté parfaite qui dépend complètement de l’humeur de l’océan.
Un autre viewpoint incontournable, plus discret mais tout aussi impressionnant, se trouve autour de la route vers Crystal Bay. Depuis les hauteurs, tu vois une baie en forme de croissant, avec une mer beaucoup plus calme que sur les falaises de l’est. Crystal Bay est aussi l’un des meilleurs endroits pour observer le coucher de soleil. La lumière devient dorée, l’eau se teinte de reflets orange, et tout ralentit d’un coup. C’est un des rares endroits de l’île où tu peux vraiment t’asseoir sans être submergé par l’intensité du paysage.
Plus tu explores Nusa Penida, plus tu réalises que les viewpoints ne sont pas juste des arrêts photo. Ce sont des moments de pause forcée où tu regardes quelque chose de tellement grand que ton cerveau arrête un peu de courir partout. Falaises, océan, vents puissants, couleurs irréelles… tout est amplifié.

Et au final, entre Kelingking qui te donne le vertige, Broken Beach qui te désoriente, Angel’s Billabong qui te fascine et Crystal Bay qui te calme, tu comprends que les viewpoints de Nusa Penida ne sont pas juste des endroits à voir. Ce sont des endroits qui te forcent à ralentir, à regarder longtemps, et à accepter que parfois, la beauté est un peu trop grande pour être absorbée d’un seul coup.
Le Pura Puncak Mundi est un endroit complètement différent de l’image “falaises et plages Instagram” de Nusa Penida. Ici, tu montes dans les hauteurs de l’île, loin du littoral, dans une ambiance beaucoup plus calme, presque mystique.
C’est le temple le plus haut et le plus important de Nusa Penida, situé sur une colline entourée de forêt et de petites routes sinueuses. Rien que le trajet pour y arriver donne déjà l’impression de quitter le monde touristique : les scooters disparaissent, les paysages deviennent plus verts, plus ruraux, et le silence prend plus de place.
Le temple lui-même est un complexe hindou balinais avec plusieurs sanctuaires répartis sur différents niveaux. On y retrouve l’architecture traditionnelle : pierres sculptées, portes ornées, drapeaux colorés qui bougent avec le vent, et cette odeur d’encens omniprésente qui te rappelle que tu es dans un lieu profondément spirituel. Contrairement aux spots côtiers ultra fréquentés, ici, il y a souvent très peu de monde. Parfois même presque personne, ce qui rend l’expérience encore plus forte.
Ce qui marque surtout à Pura Puncak Mundi, c’est la vue. Depuis les hauteurs, tu vois l’intérieur de l’île : des collines ondulées, des morceaux de jungle, des petits villages dispersés, et au loin, parfois, une ligne bleue qui rappelle que la mer n’est jamais très loin. C’est une perspective complètement différente de Nusa Penida, plus lente, plus ancrée.
Il y a aussi quelque chose de très apaisant dans l’ambiance du temple. Les prières, les offrandes, les cloches, tout semble fonctionner dans un rythme qui n’a rien à voir avec le tourisme. Même si tu es visiteur, tu ressens rapidement que tu es dans un espace vivant, utilisé, respecté.

Et puis, comme souvent à Nusa Penida, le contraste est frappant : tu peux passer en une journée des falaises vertigineuses de Kelingking Beach ou des eaux turquoise de Crystal Bay, à ce genre d’endroit silencieux, presque oublié des circuits touristiques principaux.
C’est exactement ça qui rend le temple intéressant : il te rappelle que l’île n’est pas seulement une série de paysages spectaculaires, mais aussi un lieu de vie spirituelle, de traditions et de continuité.
Le Tembeling Beach and Forest fait partie de ces endroits à Nusa Penida où tu as l’impression de changer complètement de décor, comme si l’île décidait soudainement de te montrer sa version la plus sauvage, la plus verte et la plus cachée.
Pour y arriver, c’est déjà une petite aventure en soi. Depuis les routes principales de Nusa Penida, tu t’enfonces dans des chemins plus étroits, parfois un peu chaotiques, jusqu’à atteindre un point où la route s’arrête presque. À partir de là, soit tu continues à pied, soit tu prends une navette locale ou un scooter (si tu es très confiant dans ton équilibre et ton karma). Puis vient une marche dans la jungle, sur un sentier qui descend entre les arbres, les racines, et l’humidité dense typique de l’île. C’est déjà une expérience en soi avant même d’arriver à la plage.
Et puis la forêt s’ouvre.
Tembeling, c’est d’abord une ambiance. Une jungle profonde, presque intacte, où la lumière passe à travers les feuilles en petites touches dorées. On entend l’eau avant de la voir, comme un indice que quelque chose de caché t’attend plus bas. Le sentier mène à des bassins naturels d’eau douce, des petites piscines creusées dans la roche où l’eau est claire et fraîche. Beaucoup de gens s’y arrêtent pour se baigner avant même d’atteindre la mer, comme une pause suspendue entre forêt et océan.

Plus bas encore, tu arrives à la plage. Et là, changement total.
La plage de Tembeling est beaucoup plus brute que les autres spots de Nusa Penida. Pas de grandes infrastructures, pas de foule compacte comme à Kelingking Beach ou de décor ultra scénarisé comme à Diamond Beach. Ici, c’est plus silencieux, plus reculé, avec des falaises qui entourent une petite baie sauvage et une mer souvent agitée. C’est le genre d’endroit où tu poses ton sac et tu réalises que tu es vraiment “loin de tout”.
Ce qui rend Tembeling Beach and Forest spécial, c’est justement ce mélange : la jungle dense, les bassins naturels cachés dans la forêt, puis l’océan juste en dessous. Tu passes en quelques minutes d’un bain d’eau douce entouré d’arbres à une plage totalement ouverte sur l’Indien, avec le bruit des vagues comme seule bande sonore.
C’est aussi un endroit qui donne une impression de découverte un peu “hors circuit”. Même si Nusa Penida est devenue très touristique, ici tu ressens encore quelque chose d’un peu plus brut, un peu plus authentique, comme si l’île te laissait accéder à un coin qu’elle n’avait pas complètement mis en vitrine.
Et en repartant, avec les jambes un peu fatiguées de la descente et l’odeur de jungle encore accrochée à toi, tu comprends pourquoi ce genre d’endroit marque autant : ce n’est pas juste beau, c’est une petite aventure en soi, cachée derrière la carte postale plus connue de l’île.
Le reste de l’île se découvre souvent en scooter, et là encore, c’est une expérience à part. Les routes sont parfois chaotiques, les virages surprenants, et chaque déplacement devient une petite aventure en soi. Mais c’est aussi ça Nusa Penida : une île qui ne se donne pas facilement, qui mélange beauté brute, moments de chaos, et paysages qui te forcent à ralentir.
Et au final, en reprenant le bateau vers Bali, encore un peu salée, un peu fatiguée, un peu remplie de soleil et de vagues, tu réalises que Nusa Penida ne te laisse pas vraiment partir comme tu es arrivée. Elle te laisse un mélange de “wow” et de “ok mais c’était irréel ça”, qui reste accroché un moment après le retour.
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