J’ai quitté Sapa pour me rendre à Da Nang — et oui, en avion cette fois. Comme Sapa n’a pas d’aéroport, j’ai d’abord pris un bus jusqu’à Hanoï, un trajet d’environ 5 à 6 heures à travers les montagnes. Une fois à Hanoï, j’ai pris un vol domestique d’environ 1 h 20 jusqu’à Da Nang.…

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Da Nang

J’ai quitté Sapa pour me rendre à Da Nang — et oui, en avion cette fois. Comme Sapa n’a pas d’aéroport, j’ai d’abord pris un bus jusqu’à Hanoï, un trajet d’environ 5 à 6 heures à travers les montagnes. Une fois à Hanoï, j’ai pris un vol domestique d’environ 1 h 20 jusqu’à Da Nang. J’aurais pu faire tout le trajet en bus ou en train, mais ça prend facilement une quinzaine d’heures… et je n’avais tout simplement pas ce temps-là.

Arrivée à Da Nang, changement de décor assez intense. Moi qui sortais des montagnes brumeuses et du froid du nord du Vietnam, je me retrouve face à la chaleur, au soleil, et à une plage qui s’étire à perte de vue. Genre carte postale parfaite. J’étais venue rejoindre Basti — rencontré quelques semaines plus tôt à Hanoi — parce que le monde est petit, mais surtout parce que les rencontres de voyage, c’est souvent les meilleures décisions un peu improvisées. On s’est posé. Et ça, ça faisait du bien. Vraiment. Des journées à la plage, à lire mon livre, à jaser de tout et de rien, mais surtout… à faire de la musique.

Basti, c’est pas juste quelqu’un qui gratte un peu de guitare. Il fait partie d’un vrai groupe de rock chez lui, appelé Weedmachines. Un band bien vivant, avec ses répétitions, ses amplis, son énergie un peu brute et ce côté “on joue parce qu’on aime ça”, sans filtre. Il joue avec beaucoup de présence, mais toujours dans une vibe relax, accessible. Le voir avec sa guitare, c’était déjà cool, mais encore mieux de pouvoir embarquer avec lui, apprendre des chansons, jammer ensemble, juste pour le plaisir. C’est aussi lui qui m’a fait découvrir Skinny de Kaleo. Une chanson simple, un peu brute, avec une vibe qui reste accrochée. Et le clip… c’est insane. Il a été filmé devant un volcan en éruption en Islande — genre littéralement de la lave en arrière-plan pendant que la musique joue. Wtf. Depuis, chaque fois que je l’écoute, ça me ramène direct à ces moments-là, comme si tout était un peu plus grand que nous.

Et en bonus, il m’a même donné un collant de son groupe. Je le promène un peu partout depuis, comme une petite trace de ce moment-là — et clairement, je fais sa promo sans même trop le vouloir, haha.

Bon, petit plot twist : malgré les plages magnifiques, je dois avouer quelque chose… team montagnes à 100%. Désolée, la mer. T’es belle, mais tu me fais pas vibrer comme un bon sommet avec vue. Par contre, j’avais clairement besoin de ce break-là. Juste ralentir, respirer, et laisser le soleil me rappeler que j’étais en vie (et légèrement en train de brûler).

Et là… moment de génie.

“Et si j’allais à Hoi An… en vélo?”

Sur le coup, ça sonnait comme une idée incroyable. Spoiler : ça l’était… en partie. La distance entre Da Nang et Hoi An est d’environ 30 km, ce qui prend à peu près 1h30 à 2h de vélo, dépendamment de ton rythme et de ton niveau de motivation (et de ton envie de survivre à la chaleur). Honnêtement, la route est super bien faite. Ça longe la côte par moments, c’est relativement plat, et t’as ce petit feeling de liberté qui te fait dire : “ok, ça, c’était une bonne idée.” Vent dans les cheveux, soleil dans la face, musique dans la tête — le main character energy était bien présent. Arrivée à Hoi An, direction les fameux coconut boats — aussi appelés “basket boats” ou thung chai. Ça se fait généralement dans la zone de la forêt de cocotiers de Cam Thanh, à quelques minutes du centre.

À la base, ces petits bateaux ronds en bambou étaient vraiment utilisés par les pêcheurs locaux. Leur forme circulaire les rend légers et maniables dans les canaux étroits des mangroves. Aujourd’hui, c’est devenu une activité touristique très populaire, mais avec une mise en scène assez intense. Le tour se fait avec un guide local qui pagaie pendant que toi tu t’assois au centre du “bol” flottant. La plupart des excursions durent environ 45 minutes à 1 heure. Et rapidement, ça devient beaucoup plus qu’une simple balade : certains guides te font tourner le bateau sur lui-même à grande vitesse (oui, vraiment), te lancent des petits shows, font des figures, parfois même des jeux sur l’eau. C’est fun, mais ça peut aussi être un peu chaotique si tu t’y attends pas.

Pour faire un tour, c’est très simple : tu peux réserver directement via ton hôtel ou une agence sur place à Hoi An, ou même passer par un chauffeur Grab jusqu’à Cam Thanh où des guides t’attendent sur place. Pas besoin de réserver longtemps à l’avance, il y a toujours des départs. Côté prix, ça varie selon ce qui est inclus, mais en général ça tourne autour de 100 000 à 200 000 VND (environ 6 à 12 CAD) pour une balade de base. Les tours plus organisés (avec transport, boissons, parfois démonstrations de pêche ou shows) peuvent monter un peu plus haut.

C’est touristique, oui, mais difficile de ne pas rire quand tu te retrouves à tourner sur toi-même dans un panier en bambou au milieu de la jungle, entre excitation, peur de tomber et crise de rire incontrôlable.

Et là… le destin a décidé de pimenter ma journée.

BAM. Crevaison.

Direct après.

Genre pas un petit “ah ça va aller”. Non non. Flat solide. Moi, au milieu de nulle part, avec un vélo inutilisable, un plan de journée complètement scrapé, et une réalisation brutale : je peux pas juste abandonner le vélo là comme si c’était une mauvaise décision de vie.

Moment de panique intérieure. Moment de “ok… et maintenant?” Et là, parce que le voyage, c’est aussi ça : des galères suivies de petits miracles… un monsieur s’arrête. Il regarde mon vélo, me regarde moi (probablement en mode pauvre petite touriste en détresse), et sans trop hésiter, il me propose de me ramener à Da Nang. Avec mon vélo. Je vous jure, j’ai failli pleurer de reconnaissance. Le genre de geste simple qui te rappelle que malgré les imprévus, les plans qui foirent et les crevaisons, il y a toujours quelqu’un, quelque part, pour t’aider à continuer.

Et honnêtement, c’est quelque chose que j’ai souvent ressenti au Vietnam. Oui, certaines personnes disent que le nord peut sembler plus rough, plus direct, parfois plus individualiste que d’autres régions. Et c’est vrai que culturellement, ça peut donner cette impression au début. Mais malgré ça, je suis tombée sur tellement de gestes de gentillesse. Des petites attentions, des gens qui essaient d’aider malgré la barrière de la langue, des sourires, des coups de main inattendus. Au final, derrière les différences culturelles ou les premières impressions, il y a surtout beaucoup d’humanité.

Une fois revenue à Da Nang, dernière soirée avec Basti. On a décidé de monter sur le rooftop de l’auberge. Juste ça déjà, c’était parfait : une vue ouverte sur la ville, l’air encore chaud de la journée, et ce genre de silence entrecoupé de musique lointaine et de rires en bas. Le genre de moment simple qui te reste plus longtemps que prévu.

Basti, quand tu le vois pour la première fois, tu pourrais facilement te faire des idées rapides. Plein de tatouages, des piercings, un look un peu rough, très rock. Mais ça s’arrête vite à l’image. C’est quelqu’un de beaucoup plus doux que ce que son apparence laisse croire. Très posé, très humain dans sa façon d’être avec les autres. Il travaille comme monteur de scène, donc il est habitué aux horaires irréguliers, aux projets physiques, à tout ce qui est en arrière-plan des spectacles. Et à côté de ça, il a son groupe de musique — son vrai espace à lui, celui où il peut créer, lâcher prise, être dans quelque chose de plus libre. Ce qui ressort surtout chez lui, c’est qu’il ne vit pas dans le “blabla”. C’est un gars qui travaille fort, qui enchaîne les contrats, qui économise pour voyager, pour avoir des expériences, pas juste des choses. Il y a une forme de discipline derrière le côté chill qu’il dégage.

Sur le rooftop, cette dernière soirée-là, il y avait un mélange un peu étrange de calme et de nostalgie. On parlait de tout et de rien, de musique, de voyages, de projets. C’était beau, simple, sans grand événement spectaculaire. Bye bye mon ami, take care!

Le lendemain, un incontournable: Le Dragon Bridge.

Construit et inauguré en 2013, ce pont traverse la rivière Hàn en plein cœur de Da Nang. Mais oublie l’image classique du pont gris, fonctionnel, qu’on traverse sans y penser. Ici, on parle d’un immense dragon doré qui s’étire sur plus de 660 mètres. Oui, un dragon. Parce que dans la culture vietnamienne, le dragon est un symbole de puissance, de prospérité et de chance. Rien de moins. Sa structure a été pensée pour représenter un dragon de la dynastie Ly, une époque associée à la croissance et à la stabilité du pays. Et honnêtement, ça paraît. Le pont a cette allure fière, presque vivante, comme s’il avançait au-dessus de la ville. Le soir, avec les lumières qui s’allument progressivement, il devient carrément hypnotisant. Jaune doré, rouge, parfois changeant — il reflète dans l’eau et transforme complètement l’ambiance de la ville.

Mais le vrai show, celui qui fait que tout le monde s’arrête, c’est le week-end. À 21h, le dragon prend vie. Il crache du feu. Littéralement. Puis de l’eau. Et là, t’as une foule de touristes et de locaux qui regardent ça comme des enfants devant un feu d’artifice. C’est un peu kitsch, un peu intense… mais impossible de pas sourire. C’est le genre de moment où tu te dis : “ok, ça, c’est vraiment cool.” Ce qui est encore plus beau, c’est pas juste le pont en lui-même, c’est le moment où tu le vois. Au coucher du soleil, quand le ciel devient orangé et que la ville commence à s’illuminer doucement, il y a comme une transition entre deux mondes. Le Da Nang de jour, calme, lumineux… et celui de nuit, vibrant, presque électrique. Et le Dragon Bridge est pile au milieu de ça, comme un symbole du passage.

Une autre journée, je suis allée au Golden Bridge, perché à 1 400 mètres d’altitude.

C’est probablement l’un des ponts les plus irréels que j’ai vus de ma vie. Le genre d’endroit que tu vois en photo et que tu penses que c’est un montage… jusqu’à ce que tu sois dessus, à te demander comment c’est possible que ça existe pour vrai. Perché dans les montagnes près de Da Nang, il est soutenu par deux énormes mains de pierre qui donnent l’impression de sortir de la montagne pour le tenir. Le pont se trouve dans le complexe de Ba Na Hills, un genre de station en altitude où la température est plus fraîche et où tout est un peu entre parc d’attractions et village européen recréé. Pour y arriver, on prend un téléphérique assez spectaculaire qui traverse la jungle et les nuages, ce qui rend déjà le trajet presque aussi impressionnant que la destination. Une fois sur le pont, il y a quelque chose de très particulier : entre les mains géantes, la brume qui monte parfois des vallées, et la vue sur les montagnes autour, t’as vraiment l’impression d’être ailleurs, presque hors du temps. C’est touristique, oui, mais malgré ça, il y a un côté grandiose qui reste difficile à ignorer.

Pour t’y rendre, tu pars généralement de Da Nang, à environ 30–40 minutes. Le plus simple, c’est de prendre un Grab ou un taxi (compte environ 15 à 25 CAD aller simple), mais tu peux aussi opter pour une navette ou un tour organisé si tu veux quelque chose de plus simple. Une fois arrivée en bas de la montagne, tu dois prendre un téléphérique — et honnêtement, c’est déjà une expérience en soi. C’est l’un des plus longs au monde, et la vue sur la jungle est complètement folle. Le billet coûte environ 50 à 60 CAD, et il inclut le téléphérique ainsi que l’accès à tout le site.

Construit en 2018, le pont fait environ 150 mètres de long, et même si techniquement ce sont des structures modernes en acier recouvertes pour donner cet effet ancien, visuellement… c’est bluffant. Marcher dessus, c’est une expérience un peu étrange. T’as cette impression d’être suspendue entre ciel et terre. Par moments, le brouillard embarque et t’as littéralement l’impression de flotter dans le vide. Et puis, quelques secondes plus tard, le ciel s’ouvre, et BAM — une vue complètement dégagée sur les montagnes autour. C’est le genre d’endroit où la météo change l’ambiance en deux secondes, et chaque version est spectaculaire. Évidemment, c’est aussi un spot ultra populaire. Donc oui, y’a du monde. Mais si tu y vas tôt le matin, ou plus tard en journée, tu peux avoir des moments plus calmes… et là, tu réalises vraiment à quel point l’endroit est spécial.

Et une fois que t’as fait le pont, ça vaut vraiment la peine de rester explorer le reste de Ba Na Hills. Le site est complètement surréel : un faux village européen, des jardins, des temples, une immense statue de Bouddha, des cafés, des restos, et même des attractions intérieures. Tu peux facilement passer une demi-journée ou une journée complète là-bas sans t’ennuyer.

Côté pratique, prévois de bonnes chaussures parce que tu vas marcher pas mal, et une petite veste parce qu’en altitude, il fait souvent plus frais. La météo peut changer rapidement aussi, donc même si c’est nuageux en bas, ça peut être magique en haut… ou complètement dans le brouillard. C’est un peu un pari, mais ça fait partie de l’expérience.

Donc voilà. Da Nang, c’était pas juste des plages. C’était un break, de la musique, une ride de vélo un peu trop ambitieuse, des bateaux en forme de bol, une crevaison dramatique, des ponts, et un rappel que l’aventure, c’est rarement parfait, mais toujours mémorable.


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