J’ai pris l’avion vers Da Nang — oui oui, l’avion. Je n’avais pas assez de temps pour prendre le bus malheureusement. Arrivée à Da Nang, changement de décor assez intense. Moi qui sortais des montagnes brumeuses et du froid du nord du Vietnam, je me retrouve face à la chaleur, au soleil, et à une…

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Da Nang

J’ai pris l’avion vers Da Nang — oui oui, l’avion. Je n’avais pas assez de temps pour prendre le bus malheureusement.

Arrivée à Da Nang, changement de décor assez intense. Moi qui sortais des montagnes brumeuses et du froid du nord du Vietnam, je me retrouve face à la chaleur, au soleil, et à une plage qui s’étire à perte de vue. Genre carte postale parfaite. J’étais venue rejoindre Basti — rencontré quelques semaines plus tôt à Hanoi — parce que le monde est petit, mais surtout parce que les rencontres de voyage, c’est souvent les meilleures décisions un peu improvisées.

On s’est posé. Et ça, ça faisait du bien. Vraiment. Des journées à la plage, à lire mon livre, à jaser de tout et de rien, mais surtout… à faire de la musique. Basti a un groupe chez lui, et le voir jouer, c’était déjà cool, mais pouvoir embarquer avec lui, apprendre des chansons, partager ça ensemble… c’est le genre de moment qui te rappelle pourquoi tu voyages. Pas juste pour voir des endroits, mais pour vivre des échanges humains vrais, spontanés, et un peu magiques. La musique, c’est un langage universel cliché… mais vrai pareil.

Bon, petit plot twist : malgré les plages magnifiques, je dois avouer quelque chose… team montagnes à 100%. Désolée, la mer. T’es belle, mais tu me fais pas vibrer comme un bon sommet avec vue. Par contre, j’avais clairement besoin de ce break-là. Juste ralentir, respirer, et laisser le soleil me rappeler que j’étais en vie (et légèrement en train de brûler).

Et là… moment de génie.

“Et si j’allais à Hoi An… en vélo?”

Sur le coup, ça sonnait comme une idée incroyable. Spoiler : ça l’était… en partie. La distance entre Da Nang et Hoi An est d’environ 30 km, ce qui prend à peu près 1h30 à 2h de vélo, dépendamment de ton rythme et de ton niveau de motivation (et de ton envie de survivre à la chaleur).

Mon bolide

Honnêtement, la route est super bien faite. Ça longe la côte par moments, c’est relativement plat, et t’as ce petit feeling de liberté qui te fait dire : “ok, ça, c’était une bonne idée.” Vent dans les cheveux, soleil dans la face, musique dans la tête — le main character energy était bien présent.

Arrivée à Hoi An, direction les fameux coconut boats. Alors ça, c’est quelque chose. Ce sont des petits bateaux ronds faits en bambou (oui, ronds, comme des gros bols flottants), traditionnellement utilisés par les pêcheurs dans les forêts de cocotiers d’eau. Aujourd’hui, c’est devenu une activité touristique… disons… dynamique. Les conducteurs te font spinner là-dedans comme si t’étais dans une machine à laver version Vietnam. Ça crie, ça rit, ça filme, ça manque de tomber à l’eau… bref, un beau chaos organisé. J’ai ri, mais j’étais aussi un peu stressée pour ma dignité.

Et là… le destin a décidé de pimenter ma journée.

BAM. Crevaison.

Direct après.

Genre pas un petit “ah ça va aller”. Non non. Flat solide. Moi, au milieu de nulle part, avec un vélo inutilisable, un plan de journée complètement scrapé, et une réalisation brutale : je peux pas juste abandonner le vélo là comme si c’était une mauvaise décision de vie.

Moment de panique intérieure. Moment de “ok… et maintenant?”

Et là, parce que le voyage, c’est aussi ça : des galères suivies de petites miracles… un monsieur s’arrête. Il regarde mon vélo, me regarde moi (probablement en mode “pauvre petite touriste en détresse”), et sans trop hésiter, il me propose de me ramener à Da Nang. Avec mon vélo.

Je vous jure, j’ai failli pleurer de reconnaissance.

Le genre de geste simple qui te rappelle que malgré les imprévus, les plans qui foirent et les crevaisons (littérales et émotionnelles), il y a toujours quelqu’un, quelque part, pour t’aider à continuer.

Ensuite, un incontournable: Le Dragon Bridge.

Construit et inauguré en 2013, ce pont traverse la rivière Hàn en plein cœur de Da Nang. Mais oublie l’image classique du pont gris, fonctionnel, qu’on traverse sans y penser. Ici, on parle d’un immense dragon doré qui s’étire sur plus de 660 mètres. Oui, un dragon. Parce que dans la culture vietnamienne, le dragon est un symbole de puissance, de prospérité et de chance. Rien de moins.

Sa structure a été pensée pour représenter un dragon de la dynastie Ly, une époque associée à la croissance et à la stabilité du pays. Et honnêtement, ça paraît. Le pont a cette allure fière, presque vivante, comme s’il avançait au-dessus de la ville. Le soir, avec les lumières qui s’allument progressivement, il devient carrément hypnotisant. Jaune doré, rouge, parfois changeant — il reflète dans l’eau et transforme complètement l’ambiance de la ville.

Mais le vrai show, celui qui fait que tout le monde s’arrête, c’est le week-end. À 21h, le dragon prend vie. Il crache du feu. Littéralement. Puis de l’eau. Et là, t’as une foule de touristes et de locaux qui regardent ça comme des enfants devant un feu d’artifice. C’est un peu kitsch, un peu intense… mais impossible de pas sourire. C’est le genre de moment où tu te dis : “ok, ça, c’est vraiment cool.”

Ce qui est encore plus beau, c’est pas juste le pont en lui-même, c’est le moment où tu le vois. Au coucher du soleil, quand le ciel devient orangé et que la ville commence à s’illuminer doucement, il y a comme une transition entre deux mondes. Le Da Nang de jour, calme, lumineux… et celui de nuit, vibrant, presque électrique. Et le Dragon Bridge est pile au milieu de ça, comme un symbole du passage.

C’est un pont que tu peux traverser sans y penser… ou que tu peux vraiment prendre le temps de regarder. T’arrêter. Observer les gens, les lumières, la rivière, le dragon qui veille sur tout ça.

Et honnêtement, dans une ville qui mélange autant tradition et modernité, il n’y avait pas meilleure façon de le représenter.

Le Golden Bridge, c’est probablement l’un des ponts les plus irréels que j’ai vus de ma vie. Genre le genre d’endroit que tu vois en photo et que tu penses que c’est un montage… jusqu’à ce que tu sois dessus, à te demander comment c’est possible que ça existe pour vrai.

Le Golden Bridge

Perché dans les montagnes de Ba Na Hills, à plus de 1 400 mètres d’altitude, ce pont doré semble flotter dans les nuages. Et au milieu de tout ça : deux immenses mains de pierre qui le soutiennent. Comme si un géant oublié avait décidé de tenir ce ruban d’or au-dessus du vide.

Pour t’y rendre, tu pars généralement de Da Nang, à environ 30–40 minutes. Le plus simple, c’est de prendre un Grab ou un taxi (compte environ 15 à 25 CAD aller simple), mais tu peux aussi opter pour une navette ou un tour organisé si tu veux quelque chose de plus simple. Une fois arrivée en bas de la montagne, tu dois prendre un téléphérique — et honnêtement, c’est déjà une expérience en soi. C’est l’un des plus longs au monde, et la vue sur la jungle est complètement folle.

Le billet coûte environ 50 à 60 CAD, et il inclut le téléphérique ainsi que l’accès à tout le site. Parce que oui, le Golden Bridge, ce n’est pas juste un pont perdu dans la montagne : c’est une partie d’un énorme complexe touristique.

Construit en 2018, le pont fait environ 150 mètres de long, et même si techniquement ce sont des structures modernes en acier recouvertes pour donner cet effet ancien, visuellement… c’est bluffant. Les mains ont l’air usées, fissurées, comme si elles étaient là depuis des siècles, cachées dans la montagne, à attendre qu’on découvre leur secret.

Marcher dessus, c’est une expérience un peu étrange. T’as cette impression d’être suspendue entre ciel et terre. Par moments, le brouillard embarque et t’as littéralement l’impression de flotter dans le vide. Et puis, quelques secondes plus tard, le ciel s’ouvre, et BAM — une vue complètement dégagée sur les montagnes autour. C’est le genre d’endroit où la météo change l’ambiance en deux secondes, et chaque version est spectaculaire.

Évidemment, c’est aussi un spot ultra populaire. Donc oui, y’a du monde. Mais si tu y vas tôt le matin, ou plus tard en journée, tu peux avoir des moments plus calmes… et là, tu réalises vraiment à quel point l’endroit est spécial.

Et une fois que t’as fait le pont, ça vaut vraiment la peine de rester explorer le reste de Ba Na Hills. Le site est complètement surréel : un faux village européen, des jardins, des temples, une immense statue de Bouddha, des cafés, des restos, et même des attractions intérieures. Tu peux facilement passer une demi-journée ou une journée complète là-bas sans t’ennuyer.

Côté pratique, prévois de bonnes chaussures parce que tu vas marcher pas mal, et une petite veste parce qu’en altitude, il fait souvent plus frais. La météo peut changer rapidement aussi, donc même si c’est nuageux en bas, ça peut être magique en haut… ou complètement dans le brouillard. C’est un peu un pari, mais ça fait partie de l’expérience.

Ce qui est beau avec ce pont, c’est pas juste son design impressionnant. C’est le contraste. Entre l’apparence ancienne et la construction récente. Entre la solidité des mains et la légèreté du pont. Entre le côté touristique assumé… et la sensation sincère d’émerveillement que tu ressens quand t’es là.

C’est un peu comme si quelqu’un avait décidé de transformer une simple traversée en œuvre d’art. Et pour une fois, ça marche vraiment.

Donc voilà. Da Nang, c’était pas juste des plages. C’était un break, de la musique, une ride de vélo un peu trop ambitieuse, des bateaux en forme de bol, une crevaison dramatique, des ponts, et un rappel que l’aventure, c’est rarement parfait, mais toujours mémorable.

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