Quitter Dalat pour rejoindre Nha Trang: deux options principales : le bus ou la van, et dans les deux cas, prépare-toi à descendre des montagnes vers la mer avec des routes sinueuses qui te donnent l’impression d’être dans un film (ou dans une montagne russe, dépendamment de ton estomac). Le trajet prend environ 3 à 5 heures, mais honnêtement, tu ne les vois pas passer : tu quittes le climat frais de Dalat, entouré de pins et de brume, pour tranquillement arriver dans une ville côtière chaude, humide, avec l’odeur de la mer qui te frappe direct au visage. Transition brutale… mais incroyable.

Et là, Nha Trang. Une ville complètement différente encore une fois. Ici, c’est la plage, la chaleur, les buildings, les palmiers, une vibe un peu vacances/party, mais avec ce chaos vietnamien qu’on aime tant. Le relief est fascinant : d’un côté la mer turquoise, de l’autre des petites montagnes en arrière-plan. C’est vraiment une ville entre deux mondes — relax et intense en même temps.
Mais parlons de notre maison pendant ce séjour : le Pho Bien Hotel. Honnêtement, je le recommande à tout le monde, sans hésiter. Pas juste pour les chambres, mais pour les humains incroyables qu’on y a rencontrés.
Et là… je dois te parler de Linda. Notre Linda nationale. La réceptionniste, mais surtout une amie qu’on aurait juré connaître depuis 10 ans alors que ça faisait à peine quelques jours. Une jeune femme lumineuse, toujours souriante, avec une énergie contagieuse. Elle va bientôt se marier avec son chum de Singapour, elle rêve de voyager partout, et surtout… elle nous a adoptées sans même nous demander notre avis.
Linda, c’était :
– des repas offerts sans rien attendre en retour
– des soirées à rire non-stop
– des blagues qui n’avaient aucun sens mais qui nous faisaient pleurer de rire
– et surtout sa phrase légendaire : « what the hell Tamara », qui résonne encore dans nos têtes à moi et Mélodice
Elle nous a fait découvrir la culture vietnamienne de l’intérieur, surtout au niveau de la nourriture. Elle nous faisait goûter à tout, comme si elle avait une mission personnelle : nous nourrir jusqu’à ce qu’on comprenne vraiment le Vietnam.
Et il n’y avait pas qu’elle. Il y avait aussi Kathia et son chum, un couple. Son chum vient de toronto, donc CANADIEN. Ils sont les propriétaires de l’hotel. Un couple magnifique, toujours en train de sortir en date, mais qui prenait aussi le temps de créer une ambiance de fou. Soupers communautaires, rencontres entre voyageurs, moments simples mais tellement précieux. Sérieusement, c’est rare des endroits comme ça. On le savait déjà : on allait revenir à Nha Trang, juste pour eux. Cela sera pour un autre blogue !

Mais bon, revenons à nos aventures.
On est arrivées avec une envie claire : LA PLAGE. Sauf que… plot twist. Même si ce n’était pas supposé être la saison des pluies, il faisait pas beau. Genre vraiment pas. On s’est dit que le changement climatique faisait clairement des siennes parce que la météo n’avait aucun sens. À un moment, on décide quand même d’aller marcher sur la plage. Mauvaise idée… ou excellente aventure, dépend comment tu vois ça. La veille, il y avait eu de grosses pluies, et la mer était littéralement montée jusqu’à la ville. Résultat : la plage était submergée.
Et notre petite marche tranquille s’est transformée en exploration un peu… glauque. On a vu de tout : oiseaux, chiens, tortues… morts. Oui, c’était intense. Un moment un peu bizarre, un peu triste, mais aussi une réalité de la nature quand elle reprend sa place.
Mais bon, comme toujours, la vie nous a vite ramenées ailleurs.
Ce soir-là, on a découvert notre QG : un bar directement sur la plage, juste à côté du Sailing Club Nha Trang. Impossible à manquer : plein de gros poufs posés dans le sable, face à la mer. Ambiance magique. Tu t’assois, tu bois un verre, tu regardes les vagues… et tu réalises que t’es vraiment en train de vivre ça.

Vietnam oblige : les vendeurs partout, tout le temps, surtout sur la plage. Ils passent sans arrêt, chacun avec ses produits, leurs voix, leur énergie, leurs sourires. Et nous, un peu trop bien installées sur nos poufs, on a eu ce qu’on pensait être une idée de génie pour avoir la paix : faire semblant de dormir. Résultat : à chaque fois qu’un vendeur approchait, on fermait les yeux, immobiles, dans un silence complètement exagéré, en essayant de garder notre sérieux. Échec total. On tenait deux secondes avant d’exploser de rire, juste en entendant les pas ou une voix au loin. On en rit encore aujourd’hui. C’était ridicule, mais tellement drôle sur le moment. Et malgré tout ça, il y avait quelque chose de beau. Plusieurs des vendeurs étaient aussi des artistes, et les toiles qu’ils proposaient étaient vraiment magnifiques. Il y en avait une en particulier que j’aurais probablement ramenée sans hésiter… si je n’avais pas eu un petit sac à dos et encore plusieurs pays devant moi avant de rentrer à la maison.
Après quelques verres (ok, plusieurs), on a fini… dans un parc pour enfants. Oui oui. À jouer comme si on avait 8 ans. C’était ridicule et hilarant. Et c’est là (on pense… parce qu’on se rappelle pas trop) que c’est à cet endroit qu’on a rencontré deux gars de la Turquie.
Et là… la soirée a pris une autre tournure.
On s’est retrouvés à boire ensemble, puis à finir dans la piscine de leur hôtel. Au programme :
– concours de chandelle (??? encore aucune idée pourquoi)
– courses dans la piscine
– batailles d’eau
– jeux pour apprendre à se connaître
– vin, bière… beaucoup de vin et de bière
Je pense sincèrement qu’on s’est couchées… au lever du soleil. Petit détail important: à un moment donné, j’avais froid, et un des gars m’a prêté son pantalon. Très gentil. Sauf que… je ne lui ai jamais redonné. Pas par méchanceté, juste… par manque de timing disons. Et là, plot twist : un soir, vers 3h du matin, le gars, complètement ivre est venu cogner à notre hostel pour récupérer son pantalon. Nous, on dormait. Mais Linda, elle, a tout vu. Le lendemain matin, elle arrive avec un sourire : “I have a funny story for you…” On était mortes de rire. Elle m’a même dit que j’aurais dû garder le pantalon et partir avec au Québec (je vous rassure, je lui ai redonné plus tard… faut juste être patient dans la vie).
Une autre journée, on a rencontré Haha, un Vietnamien qui vendait des tours en moto. Oui, oui, on sait… attrape-touriste. Mais honnêtement ? Le prix était bon, la vibe aussi… alors pourquoi pas. On a embarqué derrière lui et son ami, et là… journée incroyable.
On a visité des temples profondément marqués par le temps et les croyances, avec des toits colorés, de l’encens qui flotte dans l’air et des statues dorées qui brillent doucement malgré la lumière parfois tamisée. Certains étaient perchés dans des coins plus reculés, entourés de nature, avec ce silence particulier qu’on ressent seulement dans les lieux spirituels — un mélange de respect, de calme et d’histoire. On a aussi découvert un village où les gens fabriquent des tapis à la main (on a même essayé — clairement pas notre talent caché). Les tapis de paille, comme ceux qu’on voit au Vietnam, sont faits à partir de joncs ou de roseaux récoltés dans les zones humides. Une fois coupées, les tiges sont d’abord séchées au soleil pendant plusieurs jours pour enlever toute l’humidité et fixer leur couleur naturelle beige. Si on veut les teindre, elles sont trempées dans des bains de couleur, puis séchées à nouveau. Ensuite, elles sont triées selon leur qualité et leur épaisseur, puis tissées à la main sur de grands métiers en bois, avec des fils plus solides comme base. Tout est fait manuellement, souvent en famille, dans une sorte de rythme collectif très ancré dans la vie du village. Après le tissage, les bords sont renforcés et cousus pour que tout tienne bien dans le temps.
On a aussi visité un endroit où ils fabriquent la pâte de riz, un processus beaucoup plus artisanal qu’on l’imagine. Tout commence avec du riz trempé dans l’eau pendant plusieurs heures, parfois toute une nuit, pour qu’il ramollisse. Ensuite, il est broyé avec de l’eau pour obtenir une pâte liquide et très fine. Cette pâte est étalée en fine couche sur des tissus tendus au-dessus de la vapeur, comme de grandes toiles circulaires. La vapeur cuit doucement la pâte jusqu’à former une feuille de riz souple et translucide. Une fois cuite, la feuille est retirée délicatement et mise à sécher au soleil sur des nattes. C’est cette base qui sert ensuite pour les rouleaux ou autres plats locaux.
Et entre tout ça, on a mangé comme des reines, découvert des marchés locaux pleins de vie, de couleurs et d’odeurs, et terminé la journée devant une magnifique cascade en pleine nature, comme une sorte de point final parfait à tout ce qu’on venait de vivre.
Bon… petite mention quand même : classique petite “attrape touriste”. Notre copain nous avait dit que le tour était tout inclus, mais finalement il a fallu payer l’entrée à la cascade. Ce n’était pas très cher, mais disons que ce n’était pas prévu dans le plan. Donc juste un petit conseil : faites attention à ce genre de surprises.








On avait repéré un restaurant à Nha Trang qui s’appelait Nemo Fish Restaurant. Déjà, avec un nom comme ça, tu te dis que ça va être cute, un peu touristique peut-être, mais bon, on était curieuses. Alors on décide d’y aller une première fois, confiantes, et honnêtement c’était vraiment bon. Quelques jours plus tard, on veut y retourner. Même idée, même énergie. On se regarde avec Mélodice : « bon ben ça doit être ça ». On marche, on trouve un endroit avec “Nemo Fish” sur le nom, on s’assoit, tout est chill, on commande. Jusque-là, rien de suspect. On est même un peu fières de notre constance alimentaire.
Et là… quelques minutes plus tard, petit doute existentiel. On regarde autour. L’ambiance est légèrement différente, le menu aussi, les vibes aussi… et là on réalise : on n’est pas au bon Nemo Fish. On était dans une version alternative, un univers parallèle, le cousin un peu louche du vrai resto. Baptisé dans nos têtes : le fake Nemo Fish. À ce moment-là, deux options : Se lever et partir (logique)ou rester parce qu’on a déjà commandé (pas logique, donc évidemment notre choix). On reste. Parce que pourquoi pas. Parce que ça fait une histoire. Parce qu’on a faim aussi, soyons honnêtes. La nourriture arrive. Je prends une bouchée de mon poulet… et là je freeze.
Je regarde Mélodice.
Je regarde mon assiette.
Je regarde le poulet.
ROSE.
Pas un petit “ah il est un peu juteux là”. Non. Rose intense. Le genre de rose qui te fait questionner ton itinéraire de vie, tes choix, et même la confiance que tu as envers la cuisson en général. On se regarde sans trop parler, avec cette expression très précise de : est-ce que c’est normal ou est-ce qu’on vient de faire une erreur fatale de voyage ? On essaie de rester calmes, de rire un peu pour dédramatiser, mais clairement, l’ambiance change. Disons que le repas passe d’expérience locale à mission survie discrète. …et au fond, on était là, très philosophiques, à espérer ne pas avoir la salmonelle lol.
Et pourtant… avec le recul, c’est exactement ça qui rend le moment drôle. Parce que sur le coup c’est un peu n’importe quoi, mais après, ça devient une des histoires qu’on raconte le plus facilement. Celle où tu ris déjà avant même d’arriver à la fin ! Spoiler : Mélodice et moi avons tellement aimé Nha Trang qu’on a décidé, un peu plus tard dans notre voyage, d’y retourner. Allez lire mon blogue Nha Trang 2.0 pour avoir la suite !
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