On a repris la route vers le soleil avec un autre bus de nuit pour retourner à Nha Trang, dans le centre du Vietnam. Après plusieurs heures de route, on est arrivés vers 4 h du matin, un peu détruits, un peu perdus… mais clairement pas prêts à aller dormir. Donc, décision très logique (ou…

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Nha Trang 2.0

On a repris la route vers le soleil avec un autre bus de nuit pour retourner à Nha Trang, dans le centre du Vietnam. Après plusieurs heures de route, on est arrivés vers 4 h du matin, un peu détruits, un peu perdus… mais clairement pas prêts à aller dormir. Donc, décision très logique (ou pas) : on est allés directement voir le lever du soleil sur la plage. Encore en mode backpack, sacs sur le dos, cheveux en bataille, mais honnêtement… c’était parfait. Le ciel qui s’éclaircit doucement après une nuit de bus, avec la mer calme devant nous, ça donne un feeling assez irréel.

Évidemment, on est retournés au Pho Bien Hostel, notre maison à Nha Trang, avec notre Linda nationale. Et là, c’était comme retrouver une routine étrange mais réconfortante. Linda, c’est un peu le cœur de l’endroit. Toujours là, toujours en train de rire, toujours prête à aider ou à nourrir quelqu’un qui “a juste un petit creux” (qui finit en repas complet évidemment).

Linda, Mélo, Appa et moi

Dès les premiers jours, on a enfin pu profiter du soleil. Pour la première fois depuis notre arrivée au Vietnam, le temps était parfait. Direction plage. Simple. Efficace. On s’est posés, on a rien fait, et ça faisait du bien. Après les tempêtes et les bus de nuit, juste exister au soleil devenait une activité en soi.

Un soir, Linda nous a invités à souper et elle nous a fait du porridge, une sorte de bouillie de riz chaude et réconfortante, souvent cuisinée avec de l’eau ou du bouillon, parfois avec de la viande, des œufs ou des légumes. C’est un repas super simple mais ultra réconfortant, un vrai “comfort food” vietnamien. C’était délicieux. Et c’est là que j’ai eu une idée brillante (ou dangereuse) : leur faire découvrir un repas québécois. Donc plan immédiat : mission épicerie le lendemain pour faire du pâté chinois.

La soirée s’est ensuite terminée à notre QG : un bar au bord de la plage. Ambiance relax, musique, verres, mer à côté… jusqu’à ce qu’un gars décide de s’incruster à notre table alors qu’on lui avait clairement dit non. Il est parti aux toilettes, et on a simplement déplacé ses affaires sur une autre table. Message reçu. Fin de l’histoire.

Et là, la soirée a continué doucement, un peu plus festive. On s’est retrouvés à traîner devant un dépanneur avec des tables dehors, et c’est là qu’on a rencontré deux Vietnamiens : Su et Huy.

Su et Huy

Su est plus introverti, jeune, intelligent, avec une vibe un peu plus réservée. Il avait clairement pas eu une vie super facile, mais il était drôle, créatif, et il faisait du rap. Le genre de personne discrète mais profonde, avec qui tu peux connecter sans trop parler.

Huy, lui… c’est une autre histoire. Extraverti, très intense émotionnellement, un vrai romantique dans l’âme. Il avait décidé qu’on allait être ensemble (spoiler : non ), au point de me présenter sa mère par téléphone, et de traiter le projet très sérieusement. C’était drôle, touchant, un peu chaotique… mais toujours bienveillant. Il travaillait aussi au restaurant de sa famille et avait un côté très attachant, même si la communication était parfois… unique.

Su et Huy étaient amis depuis longtemps, rencontrés à l’école, et avec eux on a passé plusieurs soirées à parler de la vie au Vietnam, de leurs rêves, de nos réalités, et surtout à boire pas mal trop d’alcool. Rapidement, ils nous ont aussi présenté Vlad, un Français d’origine russe, grand voyageur, un peu nomade permanent, installé au Vietnam mais sans vraiment de plan fixe pour le futur. Il a une entreprise de vêtements en ligne et vit un peu partout, sans attache, en mode “on verra demain”. C’était fascinant de voir son lien avec eux, presque comme une petite communauté improvisée de voyageurs et locaux mélangés.

On s’est rapidement retrouvés à former une petite squad à Nha Trang. Une nuit, vers 4 h du matin, Su et Huy nous ont même emmenés manger dans un vrai resto local, loin des zones touristiques. On était tassés sur une moto, Mélodie et moi avec Su, et honnêtement… c’était épique, drôle et légèrement dangereux, mais dans leur quotidien, c’était complètement normal. Arrivés là-bas, on était clairement les seuls touristes. Tout le monde nous regardait un peu comme : “qu’est-ce que vous faites ici vous deux?” Et c’est là que j’ai vécu un moment très marquant : j’ai goûté du chien pour la première fois. Honnêtement, le goût n’était pas choquant, mais le côté mental rendait l’expérience assez particulier, et une fois m’a clairement suffi.

Chien à l’horizon….

Une autre soirée, on est allés à la plage avec Su, Huy, et Vlad et ils nous ont même fait un rap battle improvisé. C’était absurde, drôle, spontané, et tellement vivant. Ce sont des moments comme ça qui rendent un voyage inoubliable.

On a aussi passé une soirée complètement chaotique où on leur a appris du québécois. Des mots comme “tabarnak” et des expressions totalement absurdes ont rapidement envahi la conversation. Le mélange de cultures était tellement drôle que même aujourd’hui on en rit encore. GROSSE COCHONNE TABARNAK ( seulement pour ceux qui ont la ref ).

Un autre soir, on a finalement cuisiné notre pâté chinois pour l’hostel. Un vrai moment de fierté. Même si ce n’était pas parfait, c’était fait avec amour, et je pense que Linda a vraiment apprécié. Ce même soir, elle nous a fait découvrir le balut, un œuf de canard fécondé avec un embryon partiellement développé, bouilli et mangé directement dans sa coquille. C’est un plat très populaire au Vietnam et aux Philippines, mais honnêtement… c’est plus une expérience mentale qu’un plaisir gustatif. C’était spécial.

Balut

On a passé énormément de temps à l’hôtel avec Linda : à rire, à parler, à faire des niaiseries. Et un soir, dans un élan spontané, Mélodie et moi sommes même allées nous faire tatouer. Un souvenir assez intense, mais tellement représentatif du moment de vie qu’on était en train de vivre.

On a aussi profité de la plage encore et encore, surtout après des soirées bien arrosées. Lire, ne rien faire, respirer, recommencer. Simple, mais parfait.

Une autre soirée, Linda nous a cuisiné des ramen maison avec de grosses crevettes. Tellement bon que ça en devenait réconfortant au maximum.

À côté de notre hostel, il y avait un petit dépanneur où on voyait toujours le même employé. À force de lui parler, on a fini par créer un lien avec lui. Son nom : Tra Dinh Lan. Un jeune gars super charmant, gentil, drôle, respectueux, vraiment le genre de personne avec qui tu te sens bien instantanément. On l’a finalement invité à sortir avec nous.

Il nous a fait découvrir un hot pot vietnamien, une expérience où tu fais cuire toi-même tes aliments dans un bouillon chaud au centre de la table. C’était délicieux et super convivial. On a tellement aimé sa compagnie qu’on est retournés manger avec lui avant de partir, cette fois dans un buffet. Et évidemment, en mode moi = dessert addict, j’ai découvert qu’il n’avait jamais mangé de gaufres ni de crêpes. Donc mission : lui faire goûter les deux. Verdict : gaufre = grand oui pour lui. Ce gars est sincèrement une des personnes les plus humaines et inspirantes qu’on a rencontrées.

On a aussi rencontré deux Coréens à l’hôtel qui se joignaient souvent à nos soirées avec Linda. L’un, surnommé “Appa” par Mélodie, était un homme d’affaires voyageant constamment pour le travail. Il avait un sérieux problème avec l’alcool (vodka pure chaque soir…), mais toujours souriant, généreux et drôle. Son ami, plus discret, était aussi présent. Malgré la barrière de la langue (principalement coréen), on arrivait quand même à passer des soirées mémorables ensemble.

Et maintenant, c’est le moment de quitter Nha Trang, le Pho Bien Hostel, et surtout Linda.

Linda, c’est une femme souriante, drôle, sociable, toujours prête à aider. Elle est devenue bien plus qu’une simple employée d’hôtel : elle a été une présence constante, une amie, presque une mère sur la route. Toujours là à nourrir tout le monde, parfois même trop 😭, à rire fort, à dire “what the hell” à répétition, à transformer des soirées ordinaires en souvenirs inoubliables.

Elle nous a offert des moments de vie simples mais précieux : des discussions jusqu’à tard dans la nuit, des repas improvisés, des fous rires constants, et une ambiance où on se sentait comme chez nous.

Dire au revoir à Linda, c’était difficile. On quitte un endroit, oui… mais surtout une personne qui a marqué une partie importante de notre voyage.

Et quelque part, ce n’est pas vraiment un adieu. Parce qu’on se l’est dit : on se reverra. Peut-être à Singapour pour son mariage, peut-être ailleurs dans le monde. Mais des liens comme ça, ça ne s’arrête pas à un checkout d’hostel.

MERCI PHO BIEN XOXO

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