Hanoi, c’est clairement devenu ma ville préférée au Vietnam. Dès qu’on arrive à Hanoi, il y a quelque chose qui change dans l’air. Ce n’est pas juste une capitale, c’est une ambiance. Une énergie. Un chaos organisé qui respire l’histoire, la culture et une forme de vie constante, presque bruyante… mais jamais désagréable. Architecturalement, la…

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Hanoï

Hanoi, c’est clairement devenu ma ville préférée au Vietnam.

Dès qu’on arrive à Hanoi, il y a quelque chose qui change dans l’air. Ce n’est pas juste une capitale, c’est une ambiance. Une énergie. Un chaos organisé qui respire l’histoire, la culture et une forme de vie constante, presque bruyante… mais jamais désagréable.

Architecturalement, la ville est un mélange fascinant. Tu passes de bâtiments coloniaux français aux façades jaunies et aux balcons remplis de plantes, à des ruelles ultra serrées où tout s’empile : câbles électriques, petites échoppes, scooters, cafés minuscules, temples cachés. Et au milieu de tout ça, une vie qui déborde. Hanoï ne se contemple pas tranquillement — elle se traverse, elle te rentre dedans, elle te parle sans arrêt. Et moi… j’adore son brouhaha. Ce bruit constant qui devrait être fatigant, mais qui devient presque rassurant. Comme si la ville te disait : “t’inquiète, t’es pas seule ici, tout le monde est perdu en même temps.”

Ma première journée a été un peu plus calme, plus exploratoire. Je suis allée visiter quelques musées — un mélange d’histoire, d’art, de culture vietnamienne qui m’a permis de mieux comprendre ce pays que je traversais depuis un moment déjà sans toujours prendre le temps de m’arrêter.

Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est un parc.

Je m’y suis retrouvée un peu par hasard, comme souvent en voyage. Et là, j’ai vu des enfants jouer à un jeu totalement incompréhensible. Genre vraiment. Il y avait des règles, ça se voyait, il y avait une logique, des mouvements précis, des rires aussi… mais pour moi, c’était du pur mystère.

Je me suis assise, j’ai observé longuement, très sérieusement, comme si j’allais finir par “décrypter” le jeu. Spoiler : non. J’ai toujours aucune idée de ce qu’ils faisaient. Mais c’était beau quand même. Ce moment-là m’a rappelé que parfois, tu peux être complètement en dehors de quelque chose, et quand même en faire partie juste en regardant.

Le jeu en question

Le lendemain, je suis allée voir la fameuse Hanoi Train Street.

Pour expliquer simplement : c’est une rue étroite où des maisons, des cafés et des vies entières sont littéralement collés à une voie ferrée active. Et quelques fois par jour, un train passe à quelques centimètres des bâtiments. Oui, quelques centimètres. Genre tu peux toucher le train en restant assise si tu étais assez insouciante (ou inconsciente).

Normalement, c’est devenu assez réglementé, et certains accès sont fermés, donc je me suis retrouvée invitée dans un petit café local pour pouvoir m’y installer. J’ai accepté sans trop comprendre au début, et je me suis retrouvée assise là, avec un café à la main, dans un endroit qui semble impossible.

Et puis… le moment est arrivé.

Le train.

Tu entends d’abord un bruit au loin. Un grondement. Puis ça devient plus fort, plus présent, presque physique. Et soudain, toute la rue se transforme. Les gens se collent aux murs, les cafés se replient presque sur eux-mêmes, et le train passe… à quelques millimètres de toi.

C’est impressionnant. Mais vraiment. Pas juste “wow c’est cool”, mais un vrai moment où ton cerveau essaie de comprendre si c’est normal de vivre ça.

Et là, au milieu de tout ça, je rencontre Conie.

Une européenne, indépendante, lumineuse, ce genre de personne qui donne l’impression d’être toujours en mouvement, même quand elle est assise. Elle voyage seule à moto à travers le Vietnam. Juste ça. Déjà, respect total. Elle parle de ses projets, de ses idées, de ses prochains arrêts comme si le monde était juste une carte ouverte devant elle.

Puis Basti arrive. Un autre voyageur européen, spontané, drôle, qui vient s’installer avec nous comme si on s’était tous donné rendez-vous sans le savoir.

Et sans planifier quoi que ce soit… notre petit trio est né.

Conie, Basti et moi

On a passé la soirée ensemble à rire, boire des bières, manger de la street food dans les rues de Hanoï. Rien d’extraordinaire sur papier. Mais dans le moment, tout était parfait.

Ce genre de soirée où les conversations partent dans tous les sens : les voyages, les peurs, les rêves, les histoires absurdes de route, les coïncidences qui font qu’on se retrouve exactement au même endroit au même moment.

J’ai mangé mon premier pho… je pense que c’est le genre de moment qui paraît banal sur papier, mais qui, sur le coup, te fait un petit déclic dans la tête.

Je m’étais retrouvée devant ce bol immense sans trop savoir à quoi m’attendre. Honnêtement, je pensais juste “ok c’est une soupe asiatique, ça va être correct”. J’étais loin de me douter que j’étais sur le point de tomber dans une sorte de relation sérieuse avec un plat.

Pho

Déjà, l’odeur. Avant même la première bouchée, ça t’accueille comme un câlin chaud. Un bouillon qui a clairement pris son temps dans la vie, genre des heures à mijoter, à se construire une personnalité, à régler ses problèmes intérieurs pour finalement devenir quelque chose de profondément réconfortant.

Puis il y a eu les baguettes. Moment de vérité. Est-ce que je sais vraiment manger ça proprement? Réponse : non. Absolument pas. Mais bon, le pho ne juge pas. Il accepte tout le monde, même les maladroits.

La première gorgée m’a un peu confuse. C’était subtil, mais complexe en même temps. Comme si chaque saveur voulait se présenter une à une sans se bousculer : le bouillon, les herbes, les épices, tout avait son moment de gloire. Et là, j’ai compris pourquoi les gens parlent du pho avec autant de respect, presque religieusement.

Plus je mangeais, plus je me disais que ce plat-là, c’est pas juste de la nourriture. C’est une expérience lente dans un monde où tout va trop vite. Ça te force à ralentir, à savourer, à exister un peu dans le moment présent (même si toi t’étais juste venue pour manger une soupe, à la base).

Quand j’ai fini, j’étais un peu triste. Pas dramatique, mais genre le petit vide émotionnel d’un bon repas terminé trop vite. Comme quand tu termines une série trop rapidement et que tu réalises que… ben c’est fini.

Bref, mon premier pho, c’était pas juste un repas. C’était une initiation. Et clairement, y’a pas de retour en arrière possible.

Aussi, The Note Coffee à Hanoi — et honnêtement, c’est un des endroits les plus simples… mais aussi les plus touchants que j’ai été.

Dès que tu arrives devant, tu comprends déjà que ce n’est pas un café “normal”. De l’extérieur, il est discret, presque facile à manquer. Mais dès que tu pousses la porte, tu rentres dans un autre monde.

À l’intérieur, tout est recouvert de notes.

Les murs. Les escaliers. Les fenêtres. Les colonnes. Même les coins que tu ne remarques pas au début. Il n’y a pas un espace vide qui n’a pas été utilisé. Des milliers de petits post-its collés les uns sur les autres, dans toutes les couleurs possibles, dans toutes les langues imaginables.

Et c’est ça qui frappe en premier : le bruit visuel du lieu. C’est vivant, mais pas chaotique. C’est comme si chaque note était une voix dans une grande pièce remplie de voyageurs passés avant toi.

Certaines notes sont très simples :
“J’étais ici.”
“Merci Hanoi.”
“2023 – love from Spain.”

D’autres sont plus profondes. Des bouts de vie, des émotions laissées sur papier comme si c’était plus facile de les déposer là que de les garder en soi.

Et toi, tu te retrouves là, avec ton café, à lire des fragments de gens que tu ne connaîtras jamais, mais avec qui tu partages pourtant quelque chose de très précis : le fait d’avoir été là, à ce moment-là, dans cette ville.

Le café est simple aussi. Pas besoin de fioritures. Un café vietnamien fort, parfois glacé, parfois chaud, toujours assez intense pour te ramener dans le moment présent. Et pendant que tu bois, tu lis, tu observes, tu réfléchis.

On finit forcément par faire la même chose que tout le monde : écrire une note.

C’est presque un rituel. Tu prends le petit post-it, tu hésites. Tu te demandes ce que tu veux laisser derrière toi. Est-ce que tu écris quelque chose de profond ? Quelque chose de drôle ? Quelque chose de banal ? Finalement, tu écris juste un instant. Un morceau de ton voyage. Rien de trop grand, mais assez pour exister sur ce mur déjà rempli de vies.

Et quand tu la colles, tu ressens un petit truc étrange. Comme si ton voyage venait de s’accrocher physiquement quelque part. Comme si, même si tu repars demain, une version de toi reste là, coincée entre deux inconnus.

Ce que j’ai aimé dans The Note Coffee, c’est justement ça : ce n’est pas un endroit qui impressionne par le luxe ou la grandeur. C’est un endroit qui impressionne par ce qu’il accumule. Des souvenirs. Des passages. Des gens qui ne font que passer, mais qui laissent quand même quelque chose.

Et en sortant, tu ne te rappelles pas seulement du café.

Tu te rappelles de toutes ces vies empilées sur les murs… et du fait que, pendant un moment, la tienne faisait partie du décor.

Et je crois que c’est ça, Hanoi pour moi.

Une ville où même les rencontres aléatoires ont l’air écrites quelque part.

Être à Hanoï, c’était aussi introspectif. Comme si la ville me forçait à être présente. À ralentir dans le chaos. À accepter de ne pas tout comprendre, mais de tout vivre quand même.

Dans ce voyage, j’ai souvent été entre deux mondes : celui que je laissais derrière moi, et celui que je découvrais. Et Hanoï m’a un peu appris à ne pas chercher à tout contrôler dans ce passage-là.

Juste observer. Respirer. Être là.

Liste de choses à faire à Hanoï

  • Se perdre dans le vieux quartier (et accepter de ne jamais vraiment savoir où on est)
  • Visiter les musées pour comprendre l’histoire et la culture vietnamienne
  • Explorer les cafés cachés dans les ruelles
  • Aller à Hanoi Train Street (avec respect et prudence)
  • Marcher autour du lac Hoàn Kiếm tôt le matin
  • Manger de la street food sans trop poser de questions (juste suivre les odeurs)
  • Observer la vie locale dans les parcs
  • Tester un café à l’œuf (oui, c’est une vraie chose, et oui, c’est surprenant)
  • Se poser dans un rooftop et regarder la ville respirer
  • Et surtout… laisser la ville te surprendre au lieu d’essayer de tout planifier

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