Quitter Hô Chi Minh-Ville pour se rendre à Dalat, c’est déjà une aventure en soi. Et bien sûr, on a choisi le fameux sleepy bus vietnamien. Parce que pourquoi faire simple quand tu peux dormir dans un autobus qui ressemble à un mélange entre une capsule spatiale et un dortoir Tetris géant ? Le trajet…

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Đà Lạt

Quitter Hô Chi Minh-Ville pour se rendre à Dalat, c’est déjà une aventure en soi. Et bien sûr, on a choisi le fameux sleepy bus vietnamien. Parce que pourquoi faire simple quand tu peux dormir dans un autobus qui ressemble à un mélange entre une capsule spatiale et un dortoir Tetris géant ?

Une scène digne du vietibaby

Le trajet dure environ 6 à 8 heures, dépendant du trafic, des pauses et de la vibe générale du chauffeur (très importante, la vibe du chauffeur). Tu montes dans le bus, tu enlèves tes souliers — oui oui — et tu t’installes dans une petite couchette inclinée. Chaque personne a son mini lit, avec rideau, lumière, parfois une prise USB, et un petit espace pour se transformer en burrito humain. Au début, t’es comme : « c’est quoi ce concept ? »… puis 10 minutes plus tard, t’es allongée, enveloppée dans une couverture douteuse mais réconfortante, à regarder la route défiler en te demandant pourquoi on n’a pas ça partout dans le monde.

Mais attention, expérience culturelle oblige : les arrêts. Le bus s’arrête plusieurs fois dans des petits endroits locaux pour manger et aller aux toilettes. Et là… c’est une immersion totale. Des petits stands avec des plats que tu reconnais pas toujours, des snacks, des boissons colorées, des odeurs qui te donnent faim même si tu comprends rien au menu.

Et moi, bien sûr, j’avais la dalle. Grosse erreur stratégique : je me suis retrouvée avec des œufs à la coque. Jusque-là, tout va bien. Sauf que… PAS D’OUTIL POUR LES OUVRIR TELLEMENT ILS SONT DURS. Résultat : moi, sur une table en plastique, en train de casser mes œufs avec mon cellulaire comme une survivante en mission. Honnêtement, moment légendaire. Les œufs étaient bons… mais mon téléphone a vécu quelque chose.

une petite preuve de mon combat

Puis tranquillement, la route change. On quitte la chaleur écrasante du Sud, et on commence à monter. Les paysages deviennent plus verts, plus frais, plus montagneux. Et là, tu arrives à Dalat — une ville complètement différente, perchée dans les montagnes, avec un climat presque européen. Il fait frais, parfois même froid (oui, au Vietnam), et l’air est léger, ça sent les pins, les fleurs, et le café.

On a commencé ça doucement, avec un petit café fancy pour déjeuner. Le genre d’endroit où tout est beau : les assiettes, les plantes, la présentation, même le café a l’air photogénique. Et surtout, c’était délicieux. Après des jours à manger dans la rue (ce qui est incroyable, mais intense), ça faisait du bien de s’asseoir, respirer, prendre un vrai moment.

Mais Dalat, c’est aussi pour les motivées. Un matin, on s’est levées beaucoup trop tôt — genre avant que la vie fasse du sens — pour aller voir le lever du soleil sur une montagne. Il faisait noir, froid, et honnêtement, sans café, j’aurais probablement abandonné ma vie à ce moment-là. Mais on l’a fait. On est montées, emmitouflées, à moitié réveillées, et là… la lumière a commencé à apparaître doucement au-dessus des montagnes, avec une mer de nuages en dessous. C’était calme, presque irréel.

Et comme si le moment n’était pas déjà parfait, on a rencontré une fille des Philippines, absolument adorable, qui chantait tout le temps. Genre tout le temps. Petite voix douce, sourire constant — une vibe humaine sunshine. On l’a adorée instantanément. Ce genre de rencontre qui te rappelle pourquoi voyager, c’est pas juste voir des endroits, c’est rencontrer des gens qui restent avec toi longtemps après.

Et comme si Dalat n’était pas déjà assez cute comme ça, on est tombées sur une genre de petite ferme animalière/jardin — un endroit un peu perdu, rempli de fleurs partout, de petits sentiers, de coins photo, et surtout… DES BÉBÉS CHIENS. Mais genre, pas juste un ou deux là. NON. Une armée complète de petites boules de poils qui courent dans tous les sens, qui tombent, qui se relèvent, qui viennent te voir avec leurs yeux brillants comme si t’étais leur nouvelle mère officielle.

Évidemment, moi, personne raisonnable que je suis, j’ai complètement perdu le contrôle. Je me suis assise par terre et j’ai laissé ma vie m’échapper pendant que 10 chiots grimpaient sur moi. Et là… je l’ai vu. LUI. Mon coup de foudre. Un petit chiot couleur caramel, avec des oreilles un peu trop grandes pour sa tête et une face de bébé qui comprend rien à la vie. Je l’ai immédiatement nommé Pupy Caramel (oui, sans aucune logique, mais avec 100% d’amour). Il m’a suivie partout, ou du moins dans ma tête, parce qu’en vrai c’est moi qui le suivais comme une groupie.

J’ai passé un temps ridicule à lui parler comme si c’était mon enfant, Mélodice riait de moi, évidemment, mais je suis convaincue que Pupy Caramel et moi avions une connexion profonde. Si j’avais pu le mettre dans mon backpack, je l’aurais fait. Sans hésitation. Zéro réflexion.

Et comme si les chiots n’étaient pas déjà assez pour faire fondre mon cœur, il y avait aussi des hamsters, des petits enclos avec d’autres animaux, des coins remplis de fleurs colorées partout — roses, jaunes, violettes, un vrai décor de conte de fées.

Et puis… il y a eu la fameuse Crazy House. Là, prépare-toi, parce que c’est probablement l’endroit le plus étrange et fascinant de Dalat. Officiellement appelée Hang Nga Guesthouse, cette maison a été conçue par une architecte vietnamienne inspirée par la nature et les formes organiques. Et ça paraît. C’est comme entrer dans un rêve un peu fou : des escaliers en spirale qui ressemblent à des racines d’arbres, des murs ondulés, des fenêtres asymétriques, des passages étroits, des ponts suspendus… rien n’est droit, rien n’est normal, et c’est exactement ça qui est magique.

Chaque pièce est différente, avec des thèmes animaliers ou naturels, et tu peux littéralement te perdre à l’intérieur. On avait l’impression d’être dans un mélange entre Alice au pays des merveilles et un décor de film fantastique. Tu montes, tu descends, tu te perds, tu ris, tu prends 1000 photos — et tu te demandes comment quelqu’un a réussi à imaginer (et construire !) un endroit pareil.

Dalat, c’est aussi plein d’autres petites merveilles :
les cascades cachées dans la jungle, les marchés de nuit remplis de street food et de souvenirs, les plantations de café, les balades en scooter dans les montagnes, les temples paisibles perchés en hauteur, et ces petits cafés partout où tu peux juste t’arrêter et exister un moment.

Ce que j’ai aimé de Dalat, c’est ce contraste. Après le chaos magnifique de Hô Chi Minh-Ville, ici, tout ralentit. Tu respires différemment. Tu prends le temps. Tu observes. Tu te perds un peu — mais dans le bon sens.

Et honnêtement, entre un sleepy bus confortable, des œufs explosés au cellulaire, un lever de soleil glacé mais magique, une chanteuse philippine sortie de nulle part et une maison complètement folle… Dalat a réussi à me surprendre du début à la fin. Et ça, c’est exactement pour ça que je voyage.

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