J’ai adoré Kathmandu. Tellement adoré que j’ai décidé… d’y rester longtemps. Oui, toi qui me lis, imagine : moi, censée courir partout au Népal, changer de ville tous les 2-3 jours, je pose enfin mes valises pour quelques semaines. Déjà, j’y avais passé quelques jours en arrivant, mais au lieu de continuer mon tour du pays, j’ai fait un virage à 180° : retour dans la capitale, cœur battant du Népal.
Ce que j’aime dans le voyage sur le long terme, c’est ça : le luxe de pouvoir s’installer quelque part. Pas juste passer comme une touriste en mode express. Créer une routine, se faire reconnaître par les vendeurs du coin, croiser les mêmes visages tous les jours, et tisser des liens qui restent — même si ce lien, parfois, c’est juste un vendeur qui te sourit parce que tu achètes encore du chai à 50 centimes.
Alors, me voilà à Kathmandu, retrouvant ma best bodi Sayanne, rencontrée lors de mes premiers jours au Népal. Benjamin était parti en Inde (tristesse), mais Sayanne et moi étions prêtes pour des aventures locales. Première journée : shopping à la népalaise. Entre deux échoppes colorées, des enfants jouaient avec… un corbeau mort. Oui, vous avez bien lu. Ajoute à ça des montagnes de déchets et un chaos doux, et tu obtiens l’essence de Kathmandu. Mais malgré tout, c’était du pur plaisir. On riait, on marchandait, on goûtait aux saveurs locales — et on s’en fichait de tout le reste.


Une autre journée, Sayanne s’est fait un ami népalais — le genre de rencontre simple, un peu improbable, mais qui change complètement la suite du voyage. Il s’appelait Ashbin. Un gars calme, avec un sourire facile et une curiosité sincère. Son anglais était parfois hésitant, le nôtre aussi, mais ça n’avait pas vraiment d’importance. On se comprenait autrement. Il nous posait mille questions sur notre vie, sur le Québec, sur pourquoi on voyageait. Et en retour, il nous racontait le sien, sa famille, ses habitudes, ses coins préférés loin du bruit. C’est lui qui nous a proposé de sortir de la ville pour voir un autre visage de Kathmandu. On a accepté sans trop savoir à quoi s’attendre — et clairement, on a bien fait.
Il nous a emmenés jusqu’à Single Tree Hill. Rien que le trajet valait le coup : on quitte peu à peu le chaos, les klaxons, la poussière… pour se retrouver dans quelque chose de plus lent, plus vert, plus respirable. Arrivés en haut, c’était exactement ce que le nom promet : une colline, un arbre solitaire posé là comme un repère, et tout autour, l’espace. Une vue complètement ouverte sur la vallée. Katmandou en contrebas, presque silencieuse à cette distance, et derrière, les montagnes qui dessinent l’horizon. Pas besoin d’en faire trop — c’est le genre d’endroit qui te force juste à t’arrêter.
Mais ce qui a rendu le moment encore plus beau, c’était l’ambiance. Il y avait plein de familles népalaises venues passer la journée. Des enfants qui couraient partout, des groupes assis dans l’herbe à partager de la nourriture, des rires, de la musique qui sortait d’un téléphone quelque part. Rien de touristique, rien de mis en scène. Juste la vraie vie. Ashbin nous expliquait un peu les habitudes, les petites traditions, pourquoi les gens viennent là. On s’est assis avec lui, à regarder la vue, à parler de tout et de rien. À un moment donné, plus personne ne parlait vraiment. On profitait juste.

C’était simple. Mais c’est exactement ce genre de journée qui reste. Pas un “must-see” de guide touristique, mais un moment vrai, partagé avec quelqu’un du coin, dans un endroit qui ne cherche pas à impressionner — et qui pourtant le fait, sans effort.
Pendant qu’on marchait, j’ai réalisé combien Katmandou est une ville chargée d’histoire. La vallée de Katmandou a été le centre du royaume Malla au Moyen Âge, célèbre pour son artisanat du bois et ses temples richement sculptés. Chaque temple, chaque stupa raconte une histoire : les Kumari, la déesse vivante, réside toujours au cœur de la ville, et observer la tradition intacte depuis des siècles donne une sensation étrange, presque hors du temps.
Après la balade, Ashbin nous a emmenés manger dans une petite échoppe de rue, loin des endroits touristiques. Un vrai spot local, presque caché entre deux ruelles. Rien d’élaboré : quelques bancs, une cuisine ouverte, et des effluves d’épices qui te prennent dès que tu t’approches.
On a commandé des nouilles préparées sur le moment. Le genre de plat simple en apparence, mais avec une intensité incroyable. Beaucoup d’ail, de piment, des sauces maison dont on n’a jamais vraiment su la composition exacte. C’était délicieux, mais vraiment piquant — du genre à te faire sourire nerveusement entre deux bouchées. Ashbin riait de nous voir essayer de gérer le niveau de feu, comme si c’était une sorte de test culturel non officiel. Et au final, c’est devenu un moment drôle, partagé, sans prétention, mais parfait.
Ensuite, on a poursuivi la journée vers un temple. L’ambiance avait changé en arrivant : plus de monde que d’habitude, une énergie particulière dans l’air. Il y avait quelque chose de spécial ce jour-là — des rassemblements, des offrandes, des gens en vêtements traditionnels, des chants qui résonnaient doucement. On ne savait pas exactement si c’était une fête précise ou un mélange de rituels, mais tout semblait vivant, chargé de sens.
À l’intérieur et autour du site, on a encore été témoins d’une crémation. C’était la deuxième fois pour nous à Katmandou, mais ça reste toujours quelque chose de très marquant. Les familles étaient présentes, très respectueuses, dans un mélange de recueillement et de continuité. Le feu, la rivière à proximité, les prières… tout faisait partie d’un cycle très ancré dans la culture hindoue. Ashbin nous expliquait doucement certains gestes, certaines traditions, sans jamais surcharger le moment — juste assez pour qu’on comprenne mieux ce qu’on voyait. Malgré la réalité très forte de la scène, il n’y avait rien de morbide dans l’atmosphère. C’était plutôt une forme de présence au cycle de la vie, assumée, intégrée, presque naturelle dans le quotidien des gens autour.
En sortant du temple, on marchait un peu en silence. Pas par malaise, mais parce que la journée avait pris une profondeur inattendue. Entre les nouilles épicées dans une ruelle animée, la vue depuis la colline, et ce moment au temple, tout semblait s’enchaîner avec une cohérence étrange. Et c’est peut-être ça qui reste le plus : une journée simple en apparence, mais remplie de couches — de rencontres, de saveurs, de rituels, et d’images qui s’impriment sans effort.

Le soir, Kathmandu baignait dans une lumière douce, presque dorée, comme si la ville soufflait enfin après une longue journée. On avait quitté Ashbin un peu plus tôt, en le remerciant chaleureusement pour cette journée hors du temps.
Je marchais tranquillement vers mon hostel, encore un peu dans ma bulle, quand… moment complètement irréel. Je croise mon ami — l’Israélien que j’avais rencontré en Thaïlande, à Kanchanaburi.
Genre… WHAT.
On s’est littéralement figés tous les deux, à se regarder avec une face de “ben voyons donc… qu’est-ce que tu fais ICI ?!” avant d’éclater de rire. C’était tellement improbable comme rencontre, en plein milieu de Katmandou, des semaines plus tard, après s’être connus dans un autre pays complètement différent.
On a jasé un peu sur le bord de la rue, à se raconter où on en était rendus dans nos voyages, les détours, les plans qui changent, les endroits qu’on avait aimés. Ce genre de conversation rapide, mais pleine de sens, parce que vous comprenez exactement le mode de vie de l’autre. Puis chacun est reparti de son côté, comme si c’était la chose la plus normale du monde.
Mais honnêtement… c’était épique. Ce genre de moment qui te rappelle à quel point le monde est à la fois immense… et ridiculement petit quand tu voyages.
De retour à notre auberge, l’ambiance était calme jusqu’à cette rencontre totalement imprévue. Dans l’espace commun, deux voyageurs d’Israël arrivent : Omher et son ami. Le genre de moment simple, sans plan, où les connexions se font naturellement. Très vite, mon ukulélé attire son attention. Il sourit en le voyant — il en a un lui aussi. Ça devient immédiatement un point d’accroche. Il veut en parler, échanger, peut-être même jouer un peu. Et sans trop réfléchir, on décide de monter tous ensemble sur le toit de l’auberge.
Le toit, c’est vraiment le cœur du lieu. Un grand espace commun, rempli de poufs, ouvert sur la ville, avec cette vue sur Katmandou qui s’étire dans la nuit. C’est là que tout le monde se retrouve, qu’on partage les fins de journée, qu’on refait le monde.
On s’installe donc là-haut : Sayanne, moi, Omher et son ami. L’ambiance est détendue, presque familière en quelques minutes. On commence à parler de voyage, puis très vite, ça glisse vers des discussions plus larges : la vie, les pays, les systèmes politiques. Rien de lourd encore, mais déjà une curiosité sincère entre nous. Ensuite, on décide d’aller manger tous ensemble dans notre petit repaire du coin — ce fameux resto aux pois chiches que Sayanne, Benjamin et moi fréquentions tout le temps. Un endroit ultra simple, presque banal, mais incroyablement bon, et surtout imbattable niveau prix. On y mange dans une ambiance de rue, sans chichi, et le moment est léger, rempli de rires et de petites conversations qui continuent de se tisser.
De retour à l’auberge, on remonte sur le toit. Et là, la soirée prend une autre dimension. On reste assis longtemps, à parler vraiment. Omher ouvre doucement la discussion sur Israël, son vécu, sa perception de son pays, puis la conversation s’élargit.
Ce qu’ils nous partagent, Omher et son ami, est loin d’un discours “officiel” ou défensif. Au contraire, ils parlent avec une forme de malaise, parfois même de colère contenue. Ils disent qu’ils ont grandi avec une image très encadrée de leur pays, mais qu’en voyageant, en s’informant autrement, en rencontrant d’autres points de vue, cette image s’est fissurée. Ils parlent de contradictions qu’ils ressentent au quotidien : d’être attachés à leur identité, à leur culture, mais en même temps profondément critiques face aux actions de leur gouvernement. Ils évoquent le conflit israélo-palestinien avec beaucoup de nuances, mais aussi beaucoup de douleur. Ils disent voir une situation de violence prolongée, de cycles qui se répètent, et surtout une incapacité des deux côtés à trouver un terrain humain commun. Ils parlent de villages détruits, de familles séparées, de peur constante des deux côtés, et du sentiment que la population “normale” finit par payer le prix de décisions politiques prises loin du terrain. Ils insistent aussi sur le fait qu’à leurs yeux, une partie de l’information est filtrée dans les médias locaux, et que beaucoup de jeunes Israéliens grandissent sans accès à une image complète de la réalité palestinienne. Ce qui est frappant, c’est leur honnêteté face à leur propre position. Ils ne cherchent pas à défendre aveuglément Israël. Au contraire, ils parlent de honte parfois, de désaccord profond avec certaines politiques, et du sentiment d’être coincés dans une situation qu’ils ne contrôlent pas. Ils expriment aussi une forme d’impuissance : celle de vivre dans un pays où la critique existe, mais où elle reste souvent lourde à porter socialement et émotionnellement.
On parle aussi du Canada, de la politique canadienne, de nos réalités à nous, de ce qu’on comprend ou non de notre propre société. Sayanne et moi essayons de leur partager une vision plus concrète, moins idéalisée, de notre pays. Et eux, en retour, nous donnent un regard complètement différent du leur, avec leurs contradictions, leurs questionnements, leurs désaccords internes.
C’est intense, mais jamais conflictuel. Plutôt une conversation honnête, brute, humaine.
Puis la nuit avance. Peu à peu, Sayanne et l’ami d’Omher vont se coucher, laissant le toit presque vide. Mais Omher reste. Et moi aussi. Et là, tout change encore.
On sort les ukulélés.
On commence à jouer, sans objectif précis. Des accords simples, des essais, des rires quand ça sonne faux, des moments où on se suit, où on s’écoute, où on improvise. La ville en bas continue de vivre doucement, mais pour nous, tout est suspendu. La musique devient le langage principal.
On parle moins. On joue plus.
Après cette longue conversation, on finit par rester silencieux un moment, simplement à regarder Katmandou endormie sous ses lumières chaudes. Et dans ce silence, il y a quelque chose de très fort — comme si tout ce qu’on venait de se dire continuait de flotter entre nous.
Puis on recommence à jouer doucement. Mais cette fois, les notes ne sont plus les mêmes. Elles portent autre chose. Une densité, une conscience, une émotion nouvelle. Comme si la musique avait absorbé la conversation, et la transformait en quelque chose de plus grand.
Quand le matin arrive et qu’Omher repart, il ne reste pas seulement le souvenir d’une nuit de musique. Il reste une trace plus profonde. Une manière différente de voir le monde, de comprendre la complexité des pays, des identités, des contradictions humaines. L’idée qu’on peut aimer un lieu tout en le questionnant, y appartenir tout en le critiquant.
Et ça, c’est un cadeau rare. Un de ceux qui restent longtemps après que la ville a repris son bruit.

Fun fact du Népal : la weed pousse un peu partout, surtout dans les montagnes. Mais attention, ce n’est pas tout à fait celle que tu pourrais fumer tranquille. En fait, ce qu’on voit pousser, c’est souvent la plante femelle… ou la résine qu’on appelle “gomme” — et celle-là, elle ne se fume pas vraiment crue. En gros, tu peux l’admirer, la sentir, te dire “wow, c’est ça le Nepal high nature !”, mais pour l’expérience de fumette traditionnelle, il faut passer par le marché local (et négocier en mode ninja).
Petit bonus : les Népalais l’utilisent aussi dans certaines traditions et festivals, notamment pour le Shivaratri, donc elle fait un peu partie du patrimoine culturel… oui, même la weed a sa place dans l’histoire !
Et puis, il y a Sayanne. Même ville, même école, mêmes amis — mais surtout ce lien rare, presque évident, comme si on s’était déjà croisés quelque part sans le savoir.
Sayanne, c’est une présence qui ne passe pas inaperçue, mais pas pour les raisons évidentes. Elle est jeune, assumée, entière dans sa manière d’être. Elle a ce côté bohème, libre, un peu en dehors des cadres, qui vit sa vie sans trop demander la permission au regard des autres. Elle ne cherche pas à rentrer dans une case, elle suit ce qui lui ressemble, ce qui lui parle. Et ça se sent dans tout : sa façon de penser, de parler, de rire, de décider. Elle a des idées qui rejoignent souvent les miennes, comme si certaines discussions étaient déjà enclenchées avant même d’être dites. Avec elle, tout paraît simple. Il n’y a pas de performance sociale, pas de filtre inutile. Juste une manière fluide d’être ensemble. On peut rire fort, parler profondément, ou rester en silence sans jamais que ce soit lourd. Dans le chaos doux de Kathmandu, elle est devenue un repère. Quelque chose de stable sans être figé. Une présence lumineuse, mais jamais envahissante.
Et puis, en apprenant à mieux se connaître, les coïncidences ont commencé à s’empiler d’une façon presque irréelle. On découvre qu’on a étudié le même programme, dans la même école, au même endroit au Québec — sans jamais s’être rencontrés. Déjà là, il y a ce moment de bug mental, comme si nos chemins s’étaient frôlés pendant des années sans se croiser.
Mais le plus fou arrive après. En parlant davantage, on réalise que sa meilleure amie travaille dans mon bureau. Littéralement. Le genre de coïncidence tellement improbable qu’on ne sait même plus comment la traiter. On s’est regardés en riant, parce que c’était presque absurde : quelle est la probabilité de rencontrer, à l’autre bout du monde, sur un toit à Katmandou, la personne liée à une collègue de travail de mon quotidien ? C’est ce genre de moment qui te fait sentir que les connexions humaines sont parfois beaucoup plus petites — et beaucoup plus étranges — que ce qu’on imagine.
Les au revoir ont été difficiles. Pas dramatiques, mais profonds. De ceux où tu sens que quelque chose s’est déposé, même si rien n’est “officiel”. On ne sait pas exactement ce que ça devient après, mais on sait que ça a compté.
Et peut-être que c’est ça, le plus important : certaines rencontres n’ont pas besoin d’être expliquées pour être vraies.
Merci Sayanne pour tous ces beaux moments et pour les nouvelles chansons que tu m’as fait découvrir : It’s Only Music Baby de un artiste que je n’oublierai pas, Kid, Back on 74 de Jungle, et Blue Water de Sally. Quand je les écoute, ça me replonge directement dans ces moments-là, comme si je pouvais y retourner en un instant. Chaque chanson porte une petite trace de tout ça, une ambiance, une émotion, quelque chose de simple mais précieux qui reste accroché.





Katmandou, c’est aussi ses ruelles sinueuses de Thamel, ce quartier où tout semble possible : du t-shirt kitsch aux épices rares, des librairies poussiéreuses aux cafés un peu bohèmes. Les chiens se dorent au soleil, les scooters zigzaguent, et des petits temples apparaissent entre deux boutiques comme si c’était la chose la plus normale du monde. C’est aussi Durbar Square, cœur historique de la ville, avec ses palais, ses statues de divinités et ses façades en bois sculpté, marquées par le temps… et par les tremblements de terre récents, auxquels elles ont survécu, parfois de justesse.
Et puis il y a les marchés, les couleurs, les odeurs de curcuma et d’encens, les cloches, les prières, les regards. Cette énergie brute, vibrante, presque désordonnée, qui te fait sentir vivante à chaque coin de rue.
Ce que j’aime ici, c’est ce mélange constant : traditions anciennes et modernité chaotique, rires d’enfants et corbeaux perchés, momos fumants et thé sucré, moments suspendus au sommet des collines et bousculades dans les rues. Katmandou, c’est un kaléidoscope humain et spirituel où chaque journée t’apporte quelque chose de nouveau, même quand tu penses avoir compris.
Et pourtant… vient le moment de partir.
Et là, le cœur se serre.
Parce que le Népal, ce n’est pas juste une destination de plus sur une carte. C’est un endroit qui m’a profondément marquée. Avec les treks, j’ai dépassé des limites que je ne pensais même pas avoir. Physiques, oui — marcher des heures, monter, descendre, recommencer — mais aussi mentales. Apprendre à continuer même quand c’est inconfortable, même quand t’es fatiguée, même quand t’as juste envie d’arrêter.
Les rencontres. Les voyageurs croisés sur la route, avec qui j’ai connecté à travers la musique, les discussions tard le soir, les moments partagés sans attentes. Ces liens rapides mais sincères, qui existent pleinement dans l’instant.
La culture aussi. Partout. Dans les temples, dans les rues, dans les gestes du quotidien. Une richesse que tu ne peux pas vraiment expliquer, seulement ressentir. Une spiritualité qui n’est pas mise en scène, mais vécue.
Et en quittant Kathmandu, je réalise que ce voyage m’a changé un peu. Pas de façon dramatique, mais subtile. Dans ma façon de voir, de ressentir, de ralentir. J’ai appris à être inconfortable sans paniquer. À être seule sans me sentir seule. À apprécier des moments simples sans chercher à les remplir.
Alors oui, je pars le cœur gros.
Mais aussi rempli.
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