Quitter Kathmandu pour rejoindre Pokhara, c’est un peu comme signer un contrat tacite avec l’univers : tu acceptes de vivre la pire ride de bus de ta vie, en échange de paysages incroyables et d’une bonne dose d’adrénaline 😅

Je suis parti tôt le matin, sac sur le dos, encore à moitié endormi, persuadé que ce serait un trajet tranquille, avec de jolies montagnes en toile de fond. Techniquement, les montagnes étaient là. Le problème, c’est que la route, elle, était dans un état catastrophique. Des virages en épingle, des portions de gravier, des trous gigantesques, et un énorme bus qui se faufilait là-dedans comme s’il participait à un rallye.
À plusieurs moments, j’étais convaincu qu’on allait finir dans un ravin. La route était si étroite que je voyais littéralement le vide par la fenêtre, avec des centaines de mètres de descente juste à côté. Et le chauffeur, lui, klaxonnait, dépassait, accélérait dans les courbes comme si c’était la chose la plus normale au monde.
Le moment le plus marquant : on a croisé un bus retourné sur le côté de la route. Il avait visiblement glissé. Tout le monde dans mon bus a regardé… puis a repris sa vie comme si de rien n’était. Moi, intérieurement, j’étais en train de faire la paix avec toutes mes décisions douteuses des dernières années 🫠
Mais contre toute attente, j’ai survécu au trajet et je suis arrivé à Pokhara entier, un peu secoué, mais surtout soulagé.
Je me suis installé au Paila Hostel, et honnêtement, c’était une des meilleures auberges de mon voyage. L’ambiance y était super chaleureuse, le déjeuner était inclus (ce qui sauve des vies quand tu voyages en mode backpack), et ils proposaient de garder les bagages pendant les treks, ce qui était parfait puisque j’étais venu à Pokhara autant pour explorer la ville que pour partir marcher en montagne.
Mais avant de partir en trek, j’avais deux jours pour profiter de la ville. Et c’est là que mon nouveau ukulélé est entré en scène 🎶
Depuis mon passage à Manila, où Dawson jouait de la guitare presque tous les soirs, j’avais développé une vraie fascination pour la musique. J’avais hésité à acheter une guitare, mais soyons honnêtes : transporter une guitare en sac à dos, c’est un peu irréaliste. Alors j’ai opté pour un ukulélé, petit, léger, parfait pour voyager.
Sur le toit de l’auberge, avec une vue directe sur les montagnes et les toits de la ville, j’ai commencé à jouer mes premières notes. C’était loin d’être parfait. Mes doigts cherchaient les cordes, les accords sonnaient faux, mais la sensation… wow. Être là, en hauteur, avec l’air frais, le bruit lointain de la ville et les montagnes en arrière-plan, c’était presque irréel. J’avais l’impression de vivre dans une scène de film indépendant un peu cliché — mais j’adorais ça.
Le soir, je suis parti me promener dans Pokhara. Très vite, j’ai remarqué que la ville était beaucoup plus touristique que Katmandou. Des restos stylés, des cafés avec des terrasses parfaites, des menus traduits en trois langues, des boutiques de trekking à tous les coins de rue. Et les prix… clairement plus élevés que ce à quoi je m’attendais. Même plus chers que dans la capitale, ce qui m’a surpris.
Cela dit, l’ambiance était nettement plus tranquille. Moins de klaxons, moins de chaos, et surtout le lac et les montagnes en toile de fond partout où tu regardes. C’était beau, vraiment beau, presque trop beau, comme une carte postale vivante. Et au fond de moi, j’ai réalisé quelque chose d’un peu étrange : je crois que je préférais Katmandou. Son chaos, son énergie brute, son bordel organisé… ça me parlait plus. Pokhara, c’était magnifique, mais un peu trop parfait, un peu trop poli pour moi.
Cette première soirée m’a aussi offert une rencontre mémorable avec… la plus grosse coquerelle que j’ai vue de toute ma vie. J’étais dans un petit dépanneur, en train de choisir des snacks, quand j’ai vu cette chose énorme traverser le sol tranquillement, comme si elle payait un loyer. J’ai probablement sursauté de manière très peu digne, pendant que le caissier, lui, n’a même pas levé les yeux 😂

Côté nourriture, par contre, Pokhara a été un vrai bonheur. Le Népal mélange influences indiennes, tibétaines et locales, ce qui donne une cuisine riche, parfumée et réconfortante. Mon plat préféré est rapidement devenu le chana masala, des pois chiches dans une sauce épicée et savoureuse, souvent accompagné de pain naan encore chaud. J’ai aussi mangé énormément de hummus, de soupes, de dal bhat… bref, j’étais au paradis culinaire.


Le lendemain matin, en me promenant dans les rues, je suis tombé par hasard sur une cérémonie de mariage. Les couleurs étaient incroyables : des saris rouges, de la musique, des fleurs partout. C’était beau, solennel, mais aussi très joyeux. J’ai observé de loin, en essayant de rester discret, tout en étant fasciné par les rituels et les gestes que je ne comprenais pas complètement, mais qui semblaient remplis de sens.
Plus tard dans la journée, je suis allé explorer le lac Phewa, le cœur de Pokhara. C’est là que la ville prend tout son sens. On peut louer des barques colorées, pagayer tranquillement sur l’eau, observer les montagnes se refléter à la surface, ou simplement s’asseoir au bord et regarder la vie passer. Certains faisaient du paddle, d’autres lisaient, des couples prenaient des photos, et moi, évidemment, j’ai sorti mon ukulélé encore une fois.

Je me suis assis face à l’eau et j’ai joué, encore et encore, répétant les mêmes accords, les mêmes transitions. La musique est devenue une sorte de fil conducteur pendant ce voyage. Elle me calmait, m’ancrait dans le moment présent, et me donnait l’impression de créer quelque chose, même en étant constamment en mouvement. 🎵

À Pokhara, il y a énormément de choses à faire : parapente au-dessus du lac, randonnées vers les points de vue, visite de la World Peace Pagoda, exploration des grottes, des cascades, des temples… C’est une ville pensée pour les voyageurs, pour l’aventure, pour les pauses aussi.
Mais moi, je n’avais que deux jours avant de partir en trek. Deux jours pour découvrir, goûter, observer, et essayer d’imprimer ces images dans ma mémoire. Je savais déjà que je reviendrais après la marche, fatigué, sale, probablement transformé par les montagnes. Et cette deuxième partie de l’histoire, ce sera pour un autre blogue.
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