Quitter Bohol a été plus difficile que je ne l’aurais imaginé. Le matin même, j’ai dû dire au revoir à Gabriel et Quentin. Avec Gabriel, c’était triste, mais je savais qu’on allait se revoir au Québec. Mais avec Quentin… c’était vraiment autre chose. Quentin, c’est devenu mon âme sœur amicale, mon acolyte de route, celui…

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24 heures dans un ferry; de retour à Manille

Quitter Bohol a été plus difficile que je ne l’aurais imaginé. Le matin même, j’ai dû dire au revoir à Gabriel et Quentin. Avec Gabriel, c’était triste, mais je savais qu’on allait se revoir au Québec. Mais avec Quentin… c’était vraiment autre chose. Quentin, c’est devenu mon âme sœur amicale, mon acolyte de route, celui avec qui tout était simple. On savait tous les deux qu’on n’allait pas se revoir de sitôt, et ça rendait le moment encore plus lourd. Mais en même temps, c’est aussi ça la beauté des rencontres en voyage : on ne sait jamais quand nos chemins vont se recroiser… mais on sait qu’ils se recroiseront un jour.

Pour marquer la fin de cette aventure, Quentin et moi sommes allés déjeuner ensemble. Rien de fancy, juste un dernier repas, des regards un peu fuyants, et cette sensation étrange de vouloir prolonger le moment sans vraiment savoir comment. Le cœur gros, j’ai fini par partir vers Cebu pour prendre mon ferry direction Manille.

Le ferry entre Cebu et Manille dure environ 24 heures, et honnêtement, c’est un trajet qu’il faut planifier d’avance. Encore une fois, les départs ne sont pas si fréquents, donc je recommande fortement de réserver sur 2GO Travel et de vérifier les horaires avant, sinon tu risques de te retrouver coincé plusieurs jours.

Le bateau en lui-même ressemblait beaucoup à celui que j’avais déjà pris pour me rendre sur d’autres îles : énorme, blanc, plusieurs étages, un mélange de vieux ferry et de mini paquebot. Mais cette traversée-là méritait son propre blogue, pas pour le bateau… mais pour les gens que j’y ai rencontrés.

Dès que je suis monté à bord, j’ai senti que ça allait être un délire. Le bateau avait une vibe un peu Titanic version 2025 : immense, propre, pas luxueux, mais avec un certain charme. Tu sens que ce n’est pas un cruise de riches, mais y’a une ambiance, une vie à bord.

Et là, bam. Je rencontre Jaisalyne. Une femme sortie de nulle part, mais qui me parle comme si on se connaissait déjà. On discute un peu, elle me pose mille questions, parle beaucoup — surtout d’elle, de ses business, de ses projets. Une vraie boss lady. Et sans prévenir, elle me dit qu’elle va me payer la business class. J’ai cru que je rêvais. Sérieusement. Moi qui m’attendais à dormir dans la classe économique, entassé avec 60 personnes dans des mini lits superposés… je me suis retrouvé avec un vrai lit, une cabine, une vue sur la mer.

Jaisalyne à droite, et mon autre amie à gauche

En plus de ça, elle m’a donné plein de produits de beauté : crème pour le corps, shampoing, vernis, crème pour le visage… J’étais là, avec mon sac de backpacker, à recevoir des produits comme si j’étais dans un spa flottant. Elle parlait beaucoup, parfois trop, mais elle était sincèrement gentille. Le genre de personne qui t’épuise un peu, mais qui te traite comme un VIP sans raison.

La deuxième personne que j’ai rencontrée était tout aussi fascinante, mais pour des raisons complètement différentes. Elle travaille sur des bateaux de croisière, donc voyager fait littéralement partie de sa vie. Elle passe ses journées à naviguer entre différents ports, gérer des passagers, coordonner des activités et faire en sorte que tout fonctionne parfaitement à bord. Ce n’est pas un boulot pour tout le monde, mais elle s’y plaît visiblement. Son expérience du voyage est radicalement différente de celle des backpackers : pour elle, chaque déplacement est pratique et nécessaire, tandis que pour moi, chaque ferry est une aventure, un moment suspendu dans le temps.

Elle se rendait à Manille pour voir sa famille, tandis que Jaisalyne s’y rendait pour des affaires et projets professionnels. Les deux étaient complètement différentes, mais toutes les deux incroyablement ouvertes et généreuses. C’est là que j’ai vraiment compris à quel point les Philippins peuvent être gentils et généreux. Je ne connaissais Jaisalyne que depuis quelques minutes, et elle m’a littéralement offert de payer ma première classe avec elle, parce qu’elle ne voulait pas me laisser dans la classe économique où j’aurais été entassé avec 60 autres personnes dans des mini lits. Ce geste m’a obligé à faire une introspection profonde : pourquoi étais-je si touché par un geste totalement désintéressé ? J’ai compris que c’est exactement ça qui rend le voyage si magique : rencontrer des personnes qui donnent sans rien attendre, juste par pure gentillesse.

Pendant cette traversée, j’ai aussi vécu un moment improbable : KTV sur le ferry. Oui, karaoké philippin en pleine mer. J’étais super gêné au début, mais j’ai fini par chanter trois chansons en compagnie de Jaisalyne et notre autre amie. Et c’était génial. Des rires, des applaudissements..

Le lendemain, après 24 heures de traversée, j’ai enfin aperçu les côtes de Manila. Retour à la réalité, au bruit, à la chaleur, à la grande ville. Je suis retourné chez mon ami Dawson, fatigué, un peu nostalgique, mais le cœur rempli de ces rencontres improbables qui font toute la magie du voyage.

Parce qu’au final, ce ferry n’a pas seulement été un moyen de transport entre Cebu et Manille. C’était une aventure humaine, un rappel que parfois, les moments les plus marquants d’un voyage ne sont pas ceux qu’on planifie… mais ceux qui arrivent quand on est simplement au bon endroit, au bon moment. Entre Jaisalyne, la croisiériste, le KTV et toutes ces petites interactions, cette traversée restera gravée dans ma mémoire comme un chapitre à part entière de mon voyage aux Philippines. ⛴️❤️

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