Après l’énergie un peu chaotique et festive de Koh Phi Phi, Phuket a été pour nous une sorte de pause. Une respiration. Une île immense, plus développée, plus touristique aussi, mais qui offre exactement ce dont on avait besoin à ce moment-là : du calme, du confort et du temps pour juste… vivre. Pour rejoindre…

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Phuket

Après l’énergie un peu chaotique et festive de Koh Phi Phi, Phuket a été pour nous une sorte de pause. Une respiration. Une île immense, plus développée, plus touristique aussi, mais qui offre exactement ce dont on avait besoin à ce moment-là : du calme, du confort et du temps pour juste… vivre.

Pour rejoindre Phuket depuis Koh Phi Phi, rien de bien compliqué : tout se fait en ferry. Plusieurs départs ont lieu chaque jour depuis le port principal de l’île. Le trajet dure environ 1 h 30 à 2 h selon la compagnie et la mer. C’est une traversée agréable, souvent ponctuée de paysages magnifiques : des falaises karstiques, des îlots isolés, et cette eau turquoise qui donne encore l’impression d’être dans une carte postale.

À peine arrivés, on a déposé nos sacs et on s’est dirigé directement vers la piscine de l’hôtel. Après des mois à dormir dans des auberges, à changer d’endroit tous les trois jours et à vivre avec le strict minimum, se retrouver dans un bel hôtel avec une piscine, c’était presque un luxe indécent. Sans vous mentir, mon 3 semaines avec papi m’a permis de vivre « à la riche quoi ». Pas d’auberges, pas de street food. Quoi que tout cela me manquait à la fin…

Petit fucn fact, pendant mon voyage, le cannabis était légal en Thaïlande. Il y avait des magasins partout, un peu comme des dépanneurs spécialisés, avec des menus, des variétés, des vendeurs qui te conseillaient comme si vous choisissais un vin. C’était à la fois surprenant et banal, tellement c’était intégré au paysage touristique.

Photo tirée d'un article de blog de voyage

Phuket a été pour moi un moment charnière. Ça faisait déjà plusieurs mois que je voyageais, que je bougeais constamment, que je vivais dans l’inconnu. Et en plus de ça, papi devait bientôt rentrer à Montréal. On savait que notre temps ensemble tirait à sa fin, alors on a décidé de le maximiser… en faisant exactement rien. On a passé des heures, peut-être même des jours, dans cette piscine. À lire, à discuter, à refaire le monde, à se raconter nos souvenirs et à parler de ce qui nous attendait après le voyage. J’ai même été me faire faire les ongles — un truc que je n’aurais jamais imaginé faire en backpacking. Mais à ce stade-là, j’avais envie de me sentir un peu plus… humain, un peu moins en mode sac à dos et sandales pleines de sable.

Un soir, alors que j’étais assis au bord de la piscine, un gars est venu me parler. Il s’appelait Grégory. Il était russe, mais né en Israël. Sa première question m’a fait éclater de rire : il pensait que papi était mon sugar daddy.

Finalement, on s’est lié d’amitié et on a passé la soirée à boire quelques bières avec lui et son ami. Son ami, par contre, ne parlait pas du tout anglais, ce qui rendait les conversations difficiles par moments. Mais avec Grégory, nous avons eu de longues discussions, profondes, parfois lourdes, sur la politique, sur Israël, sur la Palestine, sur la guerre, et sur son service militaire obligatoire.

Pendant ce long voyage, j’ai rencontré énormément d’Israéliens. Et ces rencontres ont vraiment nuancé ma perception de ce qui se passe là-bas. En aucun cas je ne précautionne la guerre ou la violence — pour moi, la guerre ne devrait jamais être une réponse. Jamaïs. Mais j’ai réalisé que ce qu’on voit dans les médias, ce qu’on lit sur les réseaux sociaux, est souvent simplifié, polarisé, et manque de la complexité humaine qui existe sur le terrain.

Beaucoup de ces jeunes Israéliens que j’ai rencontrés ne soutiennent pas les décisions de leur gouvernement. Ils vivent eux aussi avec la peur, la pression sociale, le service militaire obligatoire et des réalités qu’on ne peut pas comprendre complètement de l’extérieur. Ça ne justifie rien, mais ça rappelle que derrière les conflits, il y a des individus, des histoires, des contradictions. Voyager, ça m’a appris ça : le monde est rarement noir ou blanc. Et les gens, encore moins.

Un autre jour, nous sommes allés visiter la Monkey Cave, également connue sous le nom de Wat Suwan Kuha. Encore une fois, j’ai été frappé par quelque chose qui me surprendra toujours en Thaïlande : ces temples cachés dans des grottes. Entrer dans une caverne humide, sombre, et y découvrir une immense statue de Bouddha allongée, entourée de petites offrandes et de fidèles en prière, c’est une expérience presque irréelle. À l’extérieur, des singes se promènent librement, sautent sur les voitures, tentent de voler de la nourriture aux touristes… ce qui donne à l’endroit une ambiance à la fois sacrée et complètement chaotique.

À la demande de papi, nous avons également réservé une excursion vers les fameuses îles de la baie de Phang Nga, dont la célèbre île de James Bond, rendue connue par le film L’Homme au pistolet d’or. Soyons honnêtes : il y avait beaucoup plus de temps passé dans les bateaux et les vans que de temps réel sur les lieux. L’île elle-même est jolie, avec son piton rocheux qui sort de l’eau comme une aiguille, mais l’endroit est très touristique et bondé. Mais bon, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour faire plaisir à papi.

Papi qui se prend pour James Bond

Le moment le plus impressionnant de cette excursion n’a pas été l’île de James Bond, mais plutôt la visite du village flottant de Panyee. Ce village est construit presque entièrement sur pilotis, au-dessus de l’eau. Des maisons, des écoles, des restaurants, même un terrain de football… tout repose sur des structures de bois flottants et de plateformes assemblées. Marcher dans ces ruelles étroites, voir les enfants courir, les familles cuisiner, la vie quotidienne se dérouler au-dessus de la mer, c’était tout simplement fascinant.

Photo tirée d'un article de blog de voyage
Le village de Panyee

On réalise à quel point l’être humain est capable de s’adapter et de créer une communauté, même dans des conditions qui nous semblent improbables. Ce n’était pas juste une attraction touristique : c’était une vraie leçon d’ingéniosité et de résilience.

Phuket est vraiment une île à deux visages : tu peux y vivre des journées ultra calmes… ou enchaîner les expériences du matin jusqu’à la nuit sans t’arrêter. C’est ça qui la rend particulière.

D’abord, il y a les plages. Certaines sont très animées, avec des bars, des jetskis et de la musique, comme Patong. D’autres sont beaucoup plus calmes, presque cachées, où tu peux simplement t’allonger, lire, ou nager sans voir personne pendant un moment. Le contraste est assez fou selon l’endroit où tu te trouves sur l’île.

Ensuite, les excursions en bateau font partie des incontournables. Beaucoup de gens partent explorer les îles autour, avec des eaux turquoise et des formations rocheuses spectaculaires. C’est souvent des journées complètes où tu passes d’un spot de snorkeling à une plage isolée, puis à un point de vue incroyable. C’est très “carte postale”, mais en vrai, c’est encore plus impressionnant quand tu es dedans.

Il y a aussi les temples, dispersés un peu partout dans l’île. Le plus connu reste le Big Buddha Phuket, une immense statue blanche perchée sur une colline. De là-haut, la vue sur l’île est impressionnante, surtout au coucher du soleil. L’endroit est calme, presque spirituel, avec des cloches, des offrandes, et des visiteurs qui parlent doucement.

Les marchés de nuit font aussi partie de l’expérience. On y trouve de la street food partout : brochettes, fruits tropicaux, currys, crêpes thaïes… mais aussi des vêtements, des souvenirs, et plein de petits stands colorés. C’est bruyant, vivant, un peu chaotique, mais super chaleureux.

Pour ceux qui cherchent à se détendre, Phuket est aussi connue pour ses spas et massages thaïlandais. Après des journées de voyage ou d’excursions, c’est presque un passage obligé. Et puis il y a toute la vie nocturne, surtout du côté de Patong, avec des rues animées, des bars, des spectacles, et une ambiance très intense qui ne s’arrête jamais vraiment.

Pour nous, l’expérience était un peu différente. On a surtout pris le temps de ralentir. Se reposer à l’hôtel, profiter de la piscine, rencontrer des voyageurs venus des quatre coins du monde, échanger des histoires de route… et surtout savourer nos derniers moments ensemble, avant que chacun reparte de son côté.

Phuket peut être beaucoup de choses à la fois : une fête, une pause, une transition. Et selon comment tu la vis, elle devient soit un tourbillon, soit un dernier souffle de calme avant la suite du voyage..

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