Après Chiang Rai, j’ai décidé de descendre vers Kanchanaburi. Plusieurs voyageurs rencontrés sur la route m’en avaient parlé avec ce petit sourire complice qui veut dire : « c’est pas sur la bucket list, mais tu vas comprendre pourquoi j’insiste ». Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’ai tenté. Et honnêtement ?…

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Kanchanaburi

Après Chiang Rai, j’ai décidé de descendre vers Kanchanaburi. Plusieurs voyageurs rencontrés sur la route m’en avaient parlé avec ce petit sourire complice qui veut dire : « c’est pas sur la bucket list, mais tu vas comprendre pourquoi j’insiste ». Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’ai tenté. Et honnêtement ? Aucun regret. C’est une ville moins connue que Bangkok ou Chiang Mai, mais qui a une ambiance tranquille, historique et profondément humaine.

Photo tirée d'un article de blog de voyage
The bus

Le lendemain de mon arrivée, je me suis rendu au parc national d’Erawan. On peut s’y rendre facilement en transport en commun : il suffit d’aller à la station de bus de Kanchanaburi et de prendre le bus local qui part en direction du parc. Le trajet dure environ 1 h 30, et déjà là, l’aventure commence. Le bus était vieux, bringuebalant, peint en violet délavé… avec des pancartes « Attention aux éléphants » sur la route. La Thaïlande dans toute sa splendeur.

Photo tirée d'un article de blog de voyage

Le parc lui-même est tout simplement… wow.Les chutes d’Erawan sont composées de sept niveaux, chacune avec sa propre piscine turquoise. On monte étage par étage, comme si la jungle nous révélait ses secrets un à un. À chaque bassin, des Thaïlandais se baignaient, riaient, piqué-niquaient. L’ambiance était super chill, familiale, joyeuse. Et puis il y a ces petits poissons qui viennent grignoter la peau morte… oui, oui, pédicure naturelle gratuite. Sensation bizarre, mais hilarante.

Erawan National Parc

Arrivée tout en haut, trempée, fatiguée, fièrement, je tombe sur un gars de mon auberge — un Israélien. Et c’est là que ma journée a pris une tournure que je n’avais pas prévue. Je ne me souvenais même plus de son nom (je le recroiserai des mois plus tard au Népal — le monde est minuscule, visiblement). On a continué la journée ensemble. Il m’a raconté son service militaire, la guerre, un ami à lui capturé pendant plusieurs mois à Gaza… et là, j’ai réalisé à quel point nos réalités sont différentes. Moi, je voyage, je regarde des chutes d’eau. D’autres vivent la guerre. Ça m’a secouée.

Photo tirée d'un article de blog de voyage

J’ai rencontré énormément d’Israéliens pendant ce voyage. Beaucoup voyagent longtemps après leur service militaire. Avec le contexte actuel en Palestine, les discussions étaient souvent lourdes, complexes, remplies d’émotions. Je garde ces conversations pour un autre vlog, parce qu’elles méritent leur propre espace. Plus tard, on a loué des motos et décidé d’aller voir un sanctuaire d’éléphants. Fermé. Un local nous en recommande un autre. On s’y rend… et là, mauvaise ambiance instantanée. Des éléphants attachés, l’air fatigué. Des touristes qui montaient sur leur dos. Rien à voir avec un sanctuaire. Juste une affaire. On est reparti presque aussitôt.

La réalité, c’est que l’exploitation des éléphants en Thaïlande reste un problème majeur. Beaucoup sont encore utilisés pour le tourisme, malgré les campagnes de sensibilisation. Les vrais sanctuaires existants, mais il faut vraiment bien chercher avant d’y aller. En fin de journée au skywalk de Kanchanaburi, un pont de verre avec vue sur la rivière. C’est beau, oui. Mais honnêtement ? Payer pour monter… pas indispensable. Le coucher de soleil, lui, était gratuit et parfait.

Le lendemain, je suis partie seule pour faire la Death Railway, le fameux chemin de fer construit pendant la Seconde Guerre mondiale par des prisonniers de guerre et des travailleurs forcés. Des dizaines de milliers de personnes y ont perdu la vie, à tel point qu’on disait : « un traversin = une vie humaine ».Pour s’y rendre, il suffit de prendre le train à la gare de Kanchanaburi en direction de Nam Tok.

Le chemin de fer

Il y a généralement quelques départs par jour, et les billets s’achètent directement sur place. Le train est prêté, en bois, fenêtres ouvertes — mais c’est ça qui fait tout le charme . Le moment le plus impressionnant est le passage sur le viaduc de Wang Pho, une structure en bois collée à la falaise au-dessus de la rivière. Le train ralentit, grince, et tu réalises que des prisonniers ont construit ça à la main, en pleine jungle. À la station Tham Krasae, on peut descendre du train et marcher le long de la voie ferrée. Il y a une petite grotte avec une statue de Bouddha, un mini marché, et une vue incroyable sur la rivière.

C’était à la fois magnifique et lourd d’histoire. Un de ces endroits où tu prends des photos… puis tu ranges ton téléphone, parce que tu veux juste ressentir l’endroit. Dans ce train, j’ai rencontré Dawson. Un Américain avec des origines philippines, qui vit maintenant aux Philippines en travaillant en ligne. On a parlé de tout : voyages, famille, liberté, choix de vie. C’est fou comme ces rencontres me font vibrer. Être assis dans un train en Thaïlande et discuter avec quelqu’un qui vit à Manille… c’est exactement pour ça que je voyage. Sur une échange de nos numéros. Quelques mois plus tard, je dormirai dans son appartement à Manille. Mais ça, ce sera pour un autre blog.

Le soir, je suis retournée dans le centre de Kanchanaburi, là où les rails passent en plein milieu de la rue. Il y a des horaires précis à respecter, parce que quand le train arrive… tout le monde doit se pousser. Des vendeurs installaient leurs étals directement sur les rails. J’ai vu des anguilles se tortiller dans des bassins pendant qu’un train passait à quelques centimètres. Surréaliste, mais très thaï.

Photo tirée d'un article de blog de voyage

Et puis il y avait ces trois enfants : un qui dansait, deux autres à la guitare. Un petit groupe improvisé, un public de routards et de locaux. Un moment simple, doux, inattendu. Un de ces moments qui ne coûte rien mais qui reste longtemps. Kanchanaburi n’est pas la ville la plus spectaculaire de Thaïlande. Mais elle mélange nature, histoire, rencontres et réflexions profondes d’une manière unique. C’est une destination qu’on ne voit pas toujours sur les itinéraires… et pourtant, pour moi, elle valait largement le détour.

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